Métropole du Grand Paris : un pacte pour une logistique métropolitaine

Publié le 29/03/2018

Depuis sa création en janvier 2016, la Métropole du Grand Paris et son conseil, présidé par Patrick Ollier, s’efforcent d’agir et de créer des projets pour développer la métropole de demain. Dans cet objectif, ils ont présenté le projet d’un Pacte pour une logistique métropolitaine après quelques mois de travaux conduits avec les acteurs économiques de la logistique des marchandises.

Au mois d’août 2017, le président de la Métropole du Grand Paris (MGP), Patrick Ollier, a constitué un groupe de travail pour se pencher sur la question de la logistique dans la métropole de Paris, c’est-à-dire celle du transport des marchandises dans cette zone dense. Les évolutions rapides de consommation, comme le développement du e-commerce, ainsi que les grands chantiers à venir (Jeux olympiques et paralympiques 2024, Grand Paris Express…) exigent des adaptations aux nouveaux usages et modes de vie. D’après Patrick Ollier : « La Métropole du Grand Paris constitue une échelle de gouvernance permettant de répondre à ces défis. Nous nous investissons dans cette action pour amener aux maires de la métropole une boîte à outils pour gérer la logistique, dès lors que nous l’abordons dans l’ensemble, ce qui facilite grandement les choses ».

La logistique urbaine est un service aux habitants, aux entreprises et aux artisans. En Ile-de-France, 200 millions de tonnes de marchandises sont transportées chaque année. La région comprend 16 millions de m2 d’entrepôts, dont 3 millions sur le territoire de la métropole. Elle compte plus de 400 000 emplois salariés dans ce secteur. Le fonctionnement de la logistique a également un impact important sur la qualité de l’air, les nuisances sonores et la congestion urbaine. « Nous voulions faire un état des lieux de la situation et trouver des moyens pour mieux coordonner les actions de chacune des villes dans le but d’améliorer la qualité de vie des habitants », explique Patrick Ollier.

Les réflexions ont notamment porté sur la logistique du dernier kilomètre, la mobilité verte et intelligente et l’optimisation des flux. Les solutions envisagées s’appuieront sur l’utilisation des technologies numériques et innovantes. Pour répondre à cette problématique, le groupe de travail s’est réuni à cinq reprises, pendant trois mois, sous le pilotage de Patrick Braouzec, vice-président délégué à la logistique métropolitaine, Jean-Bernard Bros, adjoint au maire de Paris, Jean-Michel Genestier, maire du Raincy (93) et Claude Samson, président de l’Association qui construit aujourd’hui la logistique de demain (AFILOG).

Douze actions prioritaires

À l’issue de leurs travaux, le groupe de travail a présenté un projet de « pacte pour une logistique métropolitaine » en identifiant douze actions prioritaires, suivant quatre axes. Le 1er axe concerne l’optimisation des flux et des livraisons, le 2e est pour la transition des flottes vers des véhicules à faibles émissions, le 3e axe propose l’intégration des fonctions logistiques dans l’urbanisme et les projets d’aménagement, enfin, le dernier s’applique au consommateur, comme acteur et facilitateur de la chaîne logistique. La volonté de ce pacte est de mobiliser l’ensemble des acteurs de la logistique et les communes de la métropole. Il laisse une grande place à l’innovation et à l’expérimentation. Sa réussite reposera sur la démarche volontariste des communes. « C’est un document qui mérite encore du travail, de la réflexion et surtout du partage. (…) Il était utile que la métropole se saisisse du sujet et que chacun prenne en considération sa part de charge », explique Patrick Braouzec, vice-président du bureau de la MGP.

Optimiser les flux et les livraisons

« Chaque année, nous constatons un accroissement très fort des flux », affirme le maire du Raincy, Jean-Michel Genestier. Or le trafic routier est la première cause de pollution atmosphérique dans le territoire et la congestion urbaine de Paris est l’une des plus élevées d’Europe ! Pour la Métropole du Grand Paris, il s’agit d’abord d’optimiser au mieux les flux et les livraisons, en harmonisant les règlements de voiries et de livraison de toutes les communes au niveau des horaires, du partage de la voirie et en fonction des gabarits et des normes environnementales des véhicules autorisés. « La MGP assurera cette coordination avec des communes volontaires pour faire évoluer leur réglementation dans un premier temps», précise Jean-Michel Genestier. Le groupe de travail s’est penché également sur les façons d’optimiser et de mutualiser l’utilisation des espaces publics tels que les aires de livraison et les voies de bus ou encore en utilisant les services des transports en commun pour le transport de marchandises. Il s’agira aussi de développer le transport fluvial et d’améliorer ses conditions d’accès : « Nous souhaitons que le pilote de l’action soit HAROPA (alliance du port du Havre, du port de Rouen et du port de Paris) », a précisé le maire du Rancy.

Favoriser la transition vers des véhicules à faibles émissions

En 2017, 97 % du parc utilitaire francilien (lourd et léger) est diésélisé, ce qui contribue fortement à l’émission de polluants atmosphériques. De plus, le bruit des transports est la première source de nuisance que les Franciliens perçoivent à leur domicile. En ce sens, l’un des enjeux de ce Pacte porte sur l’encouragement à l’acquisition de véhicules à faibles émissions et/ou silencieux par les transporteurs, en mettant en place un guichet unique de la mobilité. Par conséquent, la MGP pousse vers le déploiement des stations et bornes d’avitaillement électrique, de GNV (gaz naturel pour véhicules) et d’hydrogène. Pour cela, elle veut encourager les pouvoirs publics à assouplir les règles d’installation de recharge électrique dans les parkings souterrains et à proposer des aides financières pour effectuer les travaux de sécurité nécessaires.

Intégrer la logistique dans l’urbanisme et les projets d’aménagement

Pour la Métropole du Grand Paris, la logistique doit être intégrée dans tout projet d’aménagement, quelle que soit la vocation principale ou l’échelle de celui-ci. Cela leur permettrait de prendre en compte les besoins en matière d’équipements ou d’aménagements logistiques et favoriser ainsi le maillage du territoire. L’idée est donc de produire une campagne de sensibilisation destinée aux collectivités et aux aménageurs. De son côté, la MGP intégrera la question foncière et la préservation des sites de logistiques dans son Schéma de cohérence territorial (SCoT) et recommandera aux Établissement publiques territoriaux (EPT) d’inclure la logistique dans l’élaboration de leur PLU et PLUi (Plan locaux d’urbanisme et les PLU intercommunaux).

Le consom’acteur, un maillon facilitateur

Le développement de l’e-commerce et ces évolutions de comportement d’achat induisent un accroissement des flux et des besoins d’espaces logistiques. Près de 9 internautes franciliens sur 10 achètent sur internet, en optant prioritairement pour la livraison à domicile. D’après la MGP, ce projet pour une logistique métropolitaine devra aussi passer par une action de sensibilisation auprès des consommateurs. Leur objectif est de faire d’eux des acteurs de la transformation logistique en solutions écoresponsables. Si les modalités de communication n’ont pas encore été définies, il s’agit d’abord d’expliquer la nécessité de la logistique et les liens entre leurs comportements, les flux et les lieux logistiques. Ensuite, il faudra les orienter vers des solutions plus économiques et environnementales.

Le retour des élus sera décisif

Lors de la présentation du projet, le président de la MGP a expliqué qu’il l’enverrait aux 131 maires et 11 présidents des territoires de la métropole. Comptant sur la mobilisation et les avis des collectivités, le projet de ce Pacte pour une logistique métropolitaine ne sera finalisé qu’à partir de mai 2018. « C’est un travail gigantesque auquel personne ne s’est attaché jusqu’à la métropole aujourd’hui », insiste Patrick Ollier. Un partenariat scientifique sera mis en place pour que les organismes de recherches puissent partager leurs études et données aux élus. De plus, le pacte s’adaptera aux évolutions liées à la législation et aux projets des élus de la métropole. En juin 2018, les différents signataires valideront la version définitive du pacte. En y prenant part, ils devront s’engager à respecter la stratégie globale définie et à mettre en œuvre ses actions. Un comité de pilotage sera mis en place pour rassembler annuellement les élus et signataires afin de partager l’avancement de chaque action et connaître les prochains développements.

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