Seine-et-Marne (77)

Réseau Entreprendre : « Pour qu’il y ait des emplois, il faut qu’il y ait des chefs d’entreprise »

Publié le 28/07/2021 - mis à jour le 28/07/2021 à 10H54

Après avoir travaillé à Paris dans un cabinet, puis à Montgeron (91) à son compte, Sophie Piepers, expert-comptable, s’est installée en Seine-et-Marne (77) en 2015. Elle est aujourd’hui associée du cabinet Collet et Associés, qui emploie trente-quatre personnes sur deux sites, à Fontainebleau et à Nemours. Depuis l’été 2020, Sophie Piepers est aussi devenue présidente du réseau Entreprendre Seine-et-Marne. L’association regroupe des chefs d’entreprise qui accompagnent des créateurs ou repreneurs d’entreprise. Cette année encore, l’entraide a été essentielle.

Actu-juridique : Depuis combien de temps faites-vous partie du Réseau Entreprendre Seine-et-Marne ?

Sophie Piepers : J’en fais partie depuis au moins sept ans. Au départ, c’était le réseau Entreprendre 91-77. La Seine-et-Marne s’est détachée de l’Essonne il y a quatre ans. J’ai donc vécu cette séparation.

AJ : Qu’apporte cette association au territoire ?

S.P. : C’est un réseau à l’inverse de ce qu’on peut généralement trouver puisque sa vocation première est l’entraide et non le business. Nous aidons des repreneurs ou des créateurs d’entreprise. Nous avons tous des capacités à aider quelqu’un qui démarre à se structurer et prendre sa place dans le marché. Mais nous accompagnons, nous ne parrainons pas.

AJ : Que faisiez-vous au sein de l’association avant d’en devenir présidente ?

S.P. : Je n’ai pas bénéficié de ce système mais j’ai étudié des projets pour les prêts d’honneur que nous accordons (Le montant moyen des prêts d’honneur accordés en 2018 par Réseau Entreprendre était de 29 000 euros, Ndlr). Il faut un potentiel de création d’au moins cinq salariés sur les trois premières années de votre entreprise pour être lauréat. L’engagement du réseau Entreprendre est celui-ci : pour qu’il y ait des emplois, il faut qu’il y ait des chefs d’entreprise. J’ai également fait des validations de lauréats, c’est-à-dire des personnes qui vont être accompagnées pendant deux ans par nos membres.

Réseau Entreprendre : « Pour qu’il y ait des emplois, il faut qu’il y ait des chefs d’entreprise »
Logo Réseau Entreprendre Seine-et-Marne (DR)

AJ : Qu’obtiennent les personnes que vous sélectionnez ?

S.P. : Quand une personne obtient son prêt d’honneur, elle accepte d’être suivie pendant deux ans. Nous avons deux promos par an. Nous organisons par exemple des clubs avec une dizaine de lauréats au sein desquels ils peuvent échanger sur leur vécu et aborder des sujets peu discutés habituellement. Les entreprises créées par le réseau Entreprendre, que ce soit en Seine-et-Marne ou au niveau national, ont plus de chance de survivre du fait de l’accompagnement serré dès le départ. Il y a moins de défaillance.

AJ : Avez-vous suivi des lauréats ?

S.P. : J’ai accompagné une création de plateforme internet, il y a cinq ans, et une reprise de société de bâtiment, il y a trois ans. Je suis toujours en contact avec eux. La société de la plateforme internet a été vendue depuis et je les suis sur d’autres projets. La société de bâtiment va très bien aux dernières nouvelles. C’est ma position à titre personnel et professionnel : j’accompagne des dirigeants toute l’année. Au sein du réseau, je le fais bénévolement.

AJ : Y’a-t-il eu des changements majeurs pour le réseau Entreprendre Seine-et-Marne depuis le début de votre mandat ?

S.P. : Nous avons opéré un changement stratégique de positionnement de l’association sur le territoire. Historiquement, nous étions au nord. Nous avons déménagé dans le centre du département, au sein de l’éco-pépinière de Moissy-Cramayel. Le territoire est tellement grand, l’objectif était d’être plus accessible pour les membres et les futurs lauréats.

AJ : La crise sanitaire a-t-elle impacté votre activité ?

S.P. : Le nombre de lauréats n’a pas baissé, ce qui signifie qu’il faut des membres pour les accompagner. D’autant que chaque lauréat représente 120 heures de bénévolat. Or, avec le Covid, certains membres n’ont plus forcément le temps ou les capacités financières pour continuer à faire partie de l’association. Certaines d’entre elles ont rencontré des difficultés propres, peut-être plus que d’habitude. Le Covid n’a cependant pas modifié la nature des projets arrivants.

AJ : D’après votre expérience, que faudrait-il améliorer pour aider les jeunes entreprises ?

S.P. : Ce serait bien qu’il y ait un minimum de connaissances sur la responsabilité des chefs d’entreprises. Tout le monde ne connait pas les risques que ça comporte d’être à la tête d’une entreprise. Pour certains métiers, des diplômes existent, mais ce n‘est pas pour autant que l’on sait diriger. Il n’y a pas plus seul que le chef d’entreprise aujourd’hui. D’où le fait d’être accompagné par un réseau.

AJ : Quelle est la prochaine étape pour le réseau Entreprendre Seine-et-Marne ?

S.P. : La « Nuit des lauréats » qui aura lieu le 30 septembre 2021. C’est un moment où l’on met en valeur tous les lauréats de l’année devant une assemblée, que ce soit nos partenaires financiers ou étatiques. On montre les pépites qu’on a sélectionnées. C’est une soirée dédiée aux chefs d’entreprise qui peut susciter des engagements et des porteurs de projets. Nous sommes aussi toujours à la recherche de nouveaux membres. Il y a tellement de façon de nous aider : faire du mécénat, du temps ponctuel ou régulier. On ne demande pas d’engagement fixe à tout le monde. Toutes les expériences sont riches.

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