La villa Majorelle

Publié le 19/05/2020

Chers lecteurs,

Malgré le confinement, nous avons décidé de continuer à partager avec vous de belles expositions ou des lieux visités avant le début du confinement ou découverts virtuellement. Ce sera d’autant plus l’occasion pour vous, chers lecteurs, d’aller les visiter une fois cette période compliquée derrière nous. En attendant, portez-vous bien !

La Rédaction

Musée de l’École de Nancy

Cette villa est un chef-d’œuvre du style de l’École de Nancy, construite de 1901 à 1902. Une œuvre maîtresse de l’architecture de la période Art nouveau. Elle fut la demeure de l’ébéniste Louis Majorelle (1859-1926) qui, en 1898, employa Henri Sauvage (1873-1932), un jeune architecte parisien influencé par Hector Guimard (1867-1942), pour collaborer avec Lucien Weissenburger (1860-1929) sur la construction de sa maison. Initialement, elle s’appelait « villa Jika », d’après l’acronyme du nom de jeune fille de sa femme, Marie Léonie Jane Krest. Elle fut construite dans une zone relativement nouvelle de la ville de Nancy, non loin de l’entreprise de Louis Majorelle.

La villa s’articule sur trois étages, conçue par Sauvage et Weissenburger, représentant l’exemple du déploiement de l’architecture Art nouveau dans Nancy. Plusieurs fenêtres en demi-cercles et des motifs floraux couvrent les extérieurs. Louis Majorelle a produit lui-même les ferronneries ainsi que le mobilier intérieur, les lambris et le majestueux escalier. Louis Majorelle installa son studio-atelier au troisième étage, sous le toit à pignon, avec une somptueuse baie vitrée arquée, aux formes qui évoquent les branches d’un arbre.

L’ensemble architectural fut souhaité léger, lumineux et asymétrique. Quant à l’intérieur, il est constitué de vastes volumes ornés de motifs floraux évoquant pour certains la monnaie-du-pape, si chère à l’École de Nancy, thème repris sur certains vitraux de la villa, dessinés par Jacques Grüber (1870-1936). Les peintures de la salle à manger furent réalisées par Francis Jourdain (1876-1958), et Henri Royer (1869-1938) peignit les frises. La cheminée monumentale, en céramique, est l’œuvre d’Alexandre Bigot (1862-1927).

Les matériaux utilisés traduisent une grande originalité : poutrelles de fer, profilées en « I » et brutes de fabrication, soutiennent le balcon de l’atelier. Dessinées par Sauvage, leur galbe rappelle celui des montants de l’oriel du magasin Génin-Louis à Nancy (Jule Génin et Camille Louis, son épouse, étaient des grainetiers). Le métal, dans la ferronnerie architecturale de Majorelle, prend une grande importance. Les éléments fonctionnels participent à l’identité de l’ensemble, comme les tuyaux de descente des eaux pluviales, en fonte, qui sont maintenus par des attaches de métal forgé et plié, imitant des feuilles de plantes aquatiques. La porte d’entrée principale, vitrée, à armature de fer, porte des monnaies-du-pape en tôle découpées à cru. Ce motif se retrouve sur les grilles des fenêtres du rez-de-chaussée. Au-dessus de la porte, de frêles branches d’orme en fer forgé supportent une marquise de verre. Une terrasse, située sur la façade nord, s’ouvre grâce à un grand arc surbaissé.

La villa Majorelle fut partiellement détruite par un bombardement allemand en 1916. À la mort de Louis Majorelle, la famille a vendu le jardin et la villa au ministère des Ponts-et-Chaussées, en 1931, qui en fera des bureaux. En 2003, la villa a été rachetée par la ville de Nancy.

Inscrite au titre des monuments historiques, en 1975, elle a été classée en 1996. En 2011, elle a obtenu le label de « Maison des illustres » de la part du ministère de la Culture. Ayant fait l’objet de travaux de rénovation extérieurs, en 2016 et 2017, puis de rénovation intérieur en 2018 et 2019, la villa Majorelle est maintenant ouverte au public, avec ses décors et son ameublement d’origine.

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Référence : LPA 19 Mai. 2020, n° 153r2, p.15

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