Remise du 5e prix Guy Carcassonne

Publié le 10/07/2018

Guy Carcassonne a été mis à l’honneur pour la cinquième année consécutive, à l’occasion de la remise du prix récompensant le meilleur article constitutionnel, baptisé à son nom.

Né en 1951 et professeur à l’université Paris-Nanterre, Guy Carcassonne était l’une des figures de proue du constitutionnalisme. Cinq ans après sa mort, son commentaire des articles de la constitution continue d’incarner, pour la majorité des juristes, la première rencontre marquante avec le texte fondateur de la Ve République.

Organisé par le Club des juristes, Le Monde et la revue Pouvoirs, la remise des prix a eu lieu le 27 juin 2018 au Conseil constitutionnel. Le jury, composé des directeurs de la revue Pouvoirs, de journalistes et de professeurs des universités, a dû trancher entre les 121 articles, rédigés par des auteurs de moins de 40 ans, qui lui ont été adressés. Aux termes de ses délibérations, le prix Guy Carcassonne, accompagné d’une dotation de 1 500 euros, a été attribué à Farid Belacel pour son article « #MeToo : « c’est en protégeant les droits des « cochons » que l’on préservera la liberté des femmes de les accuser ».

Le lauréat du concours, chargé d’enseignement à l’université de Perpignan-via-Domitia, signe un article qui s’inscrit parfaitement dans la ligne tracée par le Club des juristes, premier think-tank juridique français qui a vocation à promouvoir la place du droit dans le débat public. L’auteur prend ainsi un sujet d’actualité à bras le corps en se donnant pour mission de pointer du doigt les dangers générés par le développement du phénomène  «  #MeToo  ».

À l’appui de l’article 4 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen prévoyant que « la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui », il alerte le public sur l’absence d ’encadrement juridique de la « parole dénonciatrice » des femmes et de son « retour de manivelle » incarné par de futures actions en diffamation émanant des hommes qui y sont visés.

L’élan du phénomène « #MeToo » risquerait ainsi d’être stoppé net sans la mise en place de protection des droits de ces hommes « balancés », qui bénéficient, comme tous citoyens, de la présomption d’innocence. Cette protection se devra par ailleurs d’être adaptée à ces nouveaux instruments porteurs de la voix des femmes que sont les médias sociaux.

L’article de Farid Belacel, Lauréat du prix Guy Carcassonne est à retrouver dans Le Monde, daté du 28 juin 2018 et est également consultable sur le site du Club des juristes.

X