Meaux : le père mis en examen pour meurtres et tentative d’assassinat

Publié le 28/12/2023

L’homme soupçonné d’avoir tué son épouse et leurs quatre enfants dans la nuit du 24 au 25 décembre à Meaux (Seine-et-Marne) a avoué les faits. Il a expliqué « avoir entendu des voix » lui intimant de « faire du mal ». Les autopsies ont confirmé sa « très grande violence ». Mis en examen pour les cinq homicides, il l’est aussi pour tentative d’assassinat sur son père. Il a été écroué.

Meaux : le père mis en examen pour meurtres et tentative d’assassinat
Jean-Baptiste Bladier, procureur de la République à Meaux (Photo : ©I. Horlans)

Jean-Baptiste Bladier, procureur de la République à Meaux, a révélé ce 28 décembre le résultat des autopsies pratiquées la veille à l’Institut médico-légal de Paris. L’examen des cinq corps a permis d’établir que la mère âgée de 35 ans et ses deux filles de 10 et 7 ans ont été victimes, chacune, « d’une dizaine de coups de couteau » portés « avec une très grande violence », et que les cadets, un garçonnet de 4 ans et un bébé de 9 mois, sont « décédés par asphyxie consécutive à une noyade ». Hier soir, l’homme a « reconnu sans difficulté » ses crimes et « décrit son mode opératoire » (notre article du 27 décembre ici). Selon ses déclarations, il aurait songé à s’en prendre à son père, devant le domicile duquel il a été arrêté en Seine-Saint-Denis.

S’agissant de ses motivations, le chef du parquet a indiqué que le suspect a confié « avoir entendu des voix » lui demandant de « faire du mal » à ses proches, sans « identifier un élément déclencheur du passage à l’acte. Il a précisé que, depuis, “il ne ressentait rien” et se “sentait vide” ».

Ce plombier, né en 1990 dans les Hauts-de-Seine, faisait l’objet d’un suivi psychiatrique. Il avait été interné deux fois, notamment de novembre 2019 à fin janvier 2020, après avoir déjà blessé sa femme d’un coup de couteau. La procédure avait été classée sans suite après une expertise qui concluait à « un état mental déficient » et une « abolition du discernement ».

En proie à des épisodes dépressifs et des troubles psychotiques, l’homme était astreint à un traitement médicamenteux quotidien, « dans un cadre non judiciaire », ajoute M. Bladier, qu’il « n’a pas pris le 24 décembre ». A priori, il aurait tué les siens dans la nuit à partir de 23 heures. Les corps ont été découverts dans la soirée du 25.

Aujourd’hui, le parquet a ouvert une information judiciaire pour homicide volontaire par conjoint, homicides volontaires sur mineurs de [moins] de 15 ans, et tentative d’assassinat sur le père. Il a demandé le placement en détention provisoire. À l’issue de sa garde à vue effectuée à l’hôpital en raison de graves blessures à une main, le trentenaire a été déféré devant le juge d’instruction, qui l’a mis en examen des chefs requis. Puis le juge des libertés et de la détention a ordonné son incarcération où des mesures de sûreté lui seront appliquées.

L’antenne de police judiciaire de Meaux, rattachée depuis le 1er janvier à la direction interrégionale de Versailles (Yvelines), va désormais poursuivre les investigations. Une expertise psychiatrique déterminera l’état de santé du mis en cause et dira s’il y a eu altération du discernement lors des faits, voire une abolition totale empêchant un procès.

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