L’équipage Chaintrier tient bon la barre pour la 27e Juris’cup

Publié le 02/11/2017

Pour la troisième année consécutive, les membres du cabinet Chaintrier l’ont emporté à la Juris’Cup dans la catégorie des Grandes surprises. Une victoire qui ne s’est pas faite sans difficultés face à un équipage du barreau de Paris particulièrement combatif.

Organisée depuis 1991 dans la rade de Marseille, la Juris’Cup a gagné au fil des ans le statut de véritable institution en devenant la première régate corporative d’Europe. Créée par Denis Rebuffat, elle a vocation à réunir les professionnels du monde du droit au sens large, et accueille ainsi avocats, juristes, huissiers, magistrats, assureurs, notaires ou encore experts judiciaires. Elle est également assortie d’un colloque, tenu à la Maison de l’avocat, qui fait référence en droit de la plaisance et aborde actualité juridique et état de la jurisprudence.

Cette 27e édition, organisée du 13 au 18 septembre dernier, a établi un nouveau record en accueillant plus de 2 200 participants. Soit plus de 130 équipages, parmi lesquels on dénombrait les membres de plusieurs cabinets parisiens : LMCA Avocats, Chaintrier avocats, Galion Avocat et même l’équipage officiel du barreau de Paris. L’ouverture de la Juris’Cup a été entamée par une bonne nouvelle, l’attribution officielle des JO 2024 à la France dont les épreuves de voiles seront justement organisées dans les eaux marseillaises. Si les trois jours de compétition se sont déroulés sous une météo changeante, oscillant entre pluie fine et grand soleil, la bonne humeur est restée de mise. Ce qui n’a pas empêché une lutte acharnée entre les deux favoris dans la catégorie Grandes surprises, les équipages du barreau de Paris et ceux du cabinet Chaintrier. C’est finalement ces derniers qui l’emporteront dans la dernière manche grâce à un faux départ du barreau de Paris, qui lui coûte la première place. Avec trois victoires en trois années de participation, les équipiers du cabinet Chaintrier réalisent donc un sans-faute et seront, on l’imagine, au rendez-vous pour la prochaine édition. Entretien avec l’équipage.

LPA

Comment s’est passée cette édition ?

Guillaume Debonnet 

Cela a était une très belle régate, particulièrement disputée. C’était loin d‘être gagné d’avance et nous avons dû nous battre jusqu’au bout ! Les choses n’ont pas début sous les meilleures auspices puisque nous effectuons un départ assez moyen sur la première manche du vendredi. Nous finissons troisièmes sur vingt bateaux derrière deux concurrents redoutables : le barreau de Paris (qui finit en tête) et AXA Partners qui le suit. Le deuxième jour était l’occasion de prendre notre revanche, nous avons terminé victorieux de la manche et sommes remontés à la deuxième place du classement général, juste derrière nos confrères du barreau de Paris. La manche finale de dimanche a été la plus ardue et la plus disputée. Après un bon départ, nous nous plaçons deuxièmes de la flotte en milieu de manche. Le barreau de Paris est juste derrière nous et réussit à nous rattraper. Nous étions littéralement au coude à coude durant deux ou trois heures ce qui a été très intense, d’autant que nous naviguons en monotypie, c’est-à-dire que nos bateaux sont identiques et que seule la navigation permet de se démarquer. Au final, le barreau de Paris passe devant nous d’une courte tête sur la ligne d’arrivée, ce qui aurait dû le placer en tête du classement général… Mais nous avions constaté que le jury avait sifflé deux bateaux pour avoir mordu la ligne au départ. Et après confirmation du comité de course à la radio, c’était effectivement bien eux qui avaient réalisé un faux départ. Ils ont donc subi des pénalités qui nous plaçaient de facto premier au classement général.

LPA

Vous remportez cette course pour la troisième année consécutive, quel est votre secret ?

Guillaume Debonnet

Il faut commencer par dire que le skipper de notre bateau est très bon, ce qui joue déjà beaucoup, même si les autres skippers sont également très doués… Mais c’est surtout une activité d’équipe où la coordination et la communication sont primordiales. Nous nous entraînons régulièrement tout au long de l’année, et juste avant la course. Enfin, et c’est là le vrai secret, il est important d’avoir une excellente condition physique. La Juris’Cup est réputée pour son côté sportif et nous sommes plutôt sérieux et rigoureux. Il faut de la concentration, de la forme physique et une capacité à s’adapter le jour J.

LPA

Comment avez-vous convaincu votre cabinet de sponsoriser un bateau pour cette course ?

Cédric Putigny-Ravet 

Bernard Chaintrier, fondateur du cabinet souhaitait justement s’investir dans un sport depuis un certain moment lors de notre arrivée dans le cabinet. Il a donc tout de suite adhéré lorsque nous lui avons fait la proposition de faire naviguer un bateau aux couleurs du cabinet. Les autres associés ont eux aussi apprécié le projet et rapidement donné leur accord. La voile est un bon vecteur de communication, elle permet d’avoir de belles photos et fait appel à des valeurs positives. Les clients y sont d’ailleurs sensibles et nous font souvent des retours positifs.

LPA

Est-ce que le reste de votre cabinet s’implique aussi dans la course ?

Guillaume Debonnet

Tout à fait, il y un élément de team building important dans cet événement. Nous sommes une quinzaine d’avocats et une vingtaine de collaborateurs et assistants. Lors de la compétition, nous retranscrivons chaque jour fidèlement le compte rendu de la manche et du classement à toute l’équipe tout en leur expliquant ce qui s’est passé dans les détails. Chacun répond, nous encourage et nous apporte leur soutien, ce qui est aussi important pour nous pendant la course. Cela fédère les équipes en interne et nous permet de revenir avec de belles photos, des images et des coupes dans le meilleur des cas. Tout le cabinet s’y retrouve.

LPA

Comment est-ce que les courses nautiques résonnent avec le métier d’avocat ?

Benoît Derieux 

On peut faire de nombreux rapprochements entre cette pratique et le métier d’avocat. Le fait qu’il s’agit d’une compétition pour commencer, avec des règles et procédures bien précises à respecter, et tout comme dans nos dossiers où on y va pour gagner. La veille d’une compétition est un peu comme la veille d’une audience, qui reste souvent un combat, il faut être en forme et se préparer de manière optimale. Il y aussi les valeurs du fair-play que l’on peut mettre en parallèle avec la confraternité que l’on retrouve entre avocats. Enfin, c’est un travail d’équipe et il arrive aussi que dans notre métier que l’on fasse appel aux autres membres du cabinet sur des dossiers complexes ou que l’on s’intègre dans une stratégie globale.

Cédric Putigny-Ravet

Il faut aussi garder la tête froide. On peut avoir des incertitudes sur un bateau : on voit qu’on se fait rattraper sans savoir exactement pourquoi, où que l’on n’a pas la bonne vitesse, on peut vouloir tout remettre en cause ou se disperser à cause de la panique. C’est des choses qui peuvent se passer en audience, un imprévu ou un incident que l’on n’avait pas envisagés et qui demandent de s’adapter immédiatement pour faire face à la situation.

Guillaume Debonnet

J’ajouterais que l’on aborde le plan d’eau avec une tactique particulière à laquelle on réfléchit le matin. Un peu comme un dossier qui nous arrive et qui demande de mettre en place une tactique, une stratégie ou de prendre un positionnement.

LPA 02 Nov. 2017, n° 130r7, p.3

Référence : LPA 02 Nov. 2017, n° 130r7, p.3

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