FLASH : Le Syndicat de la magistrature dénonce les réactions « caricaturales » qui ont suivi son communiqué

Publié le 07/10/2026 à 17h37

Alors que le blocus des lycées se poursuivait ce mercredi, le Syndicat de la magistrature a publié un communiqué de mise au point suite aux réactions suscitées par ses prises de position contre la politique du gouvernement à l’égard des débordements intervenus lors des manifestations lycéennes. 

FLASH : Le Syndicat de la magistrature dénonce les réactions "caricaturales" qui ont suivi son communiqué
Photo : ©P. Cluzeau

Ne confondons pas critique politique et parole partisane, met en garde le Syndicat de la magistrature (SM) dans un communiqué publié ce mercredi. Celui-ci répond aux réactions « aussi caricaturales qu’inexactes émanant tant du ministère de l’Intérieur, que de certains syndicats, médias ou encore de la Conférence des procureurs généraux ».

Cette dernière a publié hier un communiqué (voir notre article ici) où elle s’émeut  » du discrédit sur la justice en général et le ministère public en particulier » jeté selon elle par le syndicat dans sa communication de vendredi dernier intitulée « Réprimer la jeunesse pour la faire taire ». Le SM y dénonçait le choix du « tout répressif », et notamment l’usage « disproportionné » d’armes « sublétales mutilantes » touchant « d’abord et avant tout des jeunes racisés des quartiers populaires ».

Les procureurs généraux n’ont visiblement pas apprécié de se sentir accusés, en exerçant leurs fonctions de poursuite contre les actes de délinquance commis dans le cadre des manifestations, d’obéir à un dessein répressif sans discernement pour faire taire les revendications. Quant aux syndicats pointés par le SM, c’est sans doute une allusion aux réactions des organisations policières, voire à celles des deux autres syndicats de magistrats, l’Union syndicale des magistrats (USM), majoritaire, et Unité Magistrats FO, qui ont chacun pris leur distance avec les positions de leurs collègues (notre article ici).

La décrédibilisation de la parole syndicale est l’apanage des régimes illibéraux, dénonce le SM

Le Syndicat de la magistrature rappelle que non seulement ses critiques relèvent de la liberté d’expression particulièrement large en matière syndicale (voir l’avis du CSM du 13 décembre 2023), mais qu’elles constituent même l’exercice d’un devoir selon la CEDH lorsqu’il s’agit de « traiter de questions concernant le fonctionnement du système judiciaire, afin de défendre l’État de droit et l’indépendance judiciaire lorsque ces valeurs fondamentales sont menacées ». Il précise qu’il ne nie pas l’existence de possibles débordements, mais défend ici « la valeur cardinale de l’intérêt supérieur de l’enfant ». À ses yeux, l’exigence de neutralité à l’égard des magistrats n’aurait d’autre finalité que de vouloir leur imposer le silence.  Quant à la décrédibilisation de la parole syndicale, elle est l’apanage des régimes illibéraux.

Cette bataille de communiqués entre les différentes composantes de la magistrature révèle des tensions d’une intensité inédite au sein de l’institution. C’est la première fois en effet semble-t-il que de hauts magistrats critiquent publiquement une prise de position syndicale. Il n’est pas courant non plus de voir les syndicats de magistrats se démarquer de l’un d’entre eux. Généralement, la désapprobation s’exprime en silence. L’affaire est d’autant plus étonnante, que le Syndicat de la magistrature est coutumier de ces prises de position qu’il qualifie de « politique » mais « non partisane » en défense de sa vision de l’État de droit. Alors que les élections au Conseil supérieur de la magistrature pour désigner ses nouveaux membres (mandat de quatre ans) auront lieu fin octobre, il sera intéressant de voir si cela modifie les équilibres. En 2022, l’USM avait remporté 66,7% des suffrages (contre 70% en 2018), le SM 33,3% (contre 30 en 2018) et Unité Magistrats FO, 0 %.

 

 

 

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