Remise des diplômes du M2 entreprises en difficulté

Publié le 03/11/2016

Formation d’excellence créée en 2007, le Master 2 Entreprises en difficulté de l’université Panthéon-Sorbonne (Paris 1) a permis à une nouvelle génération de juristes d’être formée à une matière aussi complète qu’exigeante. Rituel obligatoire pour les élèves qui passent leur année avec succès, la remise des diplômes de la 9promotion du Master avait cette année Emmanuel Macron en invité d’honneur.

C’est sous les peintures et dorures de la grande salle d’audience du tribunal de commerce qu’avait lieu la remise des diplômes du Master 2 Entreprises en difficulté ce vendredi 14 octobre. Une cérémonie qui permettait aux 16 diplômants ayant terminé leur formation de recevoir leur certificat. Créée en 2007 sous l’égide du professeur François-Xavier Lucas, et codirigée par Me Marc Sénéchal, mandataire judiciaire, la formation a su gagner une certaine notoriété au cours des années. Notamment grâce à l’immersion constante dans la pratique (avec la poursuite d’un stage ou d’un exercice professionnel en parallèle des cours) qui se conjugue aux enseignements théoriques permettant la maîtrise des techniques juridiques du droit civil fondamental et du droit des affaires. Ce troisième cycle spécialisé dans la procédure collective permet d’être formé aux spécificités de la pratique d’une matière exigeante. Matière qui était encore le plus souvent apprise « sur le tas » avant la création du Master 2.

Pour sa 9e promotion, la formation a eu le droit à un parrain de choix : l’ancien ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, qui succédait ainsi à Robert Badinter. Un parrain on ne peut plus à propos si l’on considère que la loi Macron autorise désormais, par un décret du 1er avril 2016, les diplômés du master à accéder à la profession d’administrateur judiciaire et de mandataire judiciaire. Présent à la cérémonie, l’ancien ministre de l’Économie a poussé les diplômés à profiter pleinement de leur nouvelle liberté : « Soyez libre d’exercer ce que l’on vous a appris, de découvrir d’autres territoires (…). N’ayez pas peur d’aller de l’avant, vous partez armés ». Emmanuel Macron a aussi souligné les mutations que connaît la matière : « Votre métier s’ouvre aux autres professions, la vie des professionnels de la solvabilité est en plein bouleversement de par la nécessité de modernisation. Demain, vous pourrez créer de nouvelles structures qui offrent des services complets, exercer en réseau ou seul (…) ce métier change, car ses pratiques changent ; et vos aspirations ne sont pas celles de vos aînés ». Dernier point majeur évoqué par l’ancien ministre de l’Économie, l’ouverture vers l’Europe de la pratique. Il était nécessaire de transformer le Master 2 en diplôme des métiers de la solvabilité pour qu’il soit une référence au niveau européen. La concurrence sera demain européenne sur ces métiers, explique l’ancien ministre, tout en encourageant les nouveaux diplômés à considérer la chose comme un élément de stimulation, avec la possibilité de créer des structures européennes inédites. « C’est vous qui allez opérer ces futures mutations, innover et transformer la pratique, car elle devra se transformer à mesure que la société et l’économie évoluent. Ce monde que vous embrassez et en plein changement, cela sera votre responsabilité de l’accompagner », a-t-il conclu.

Les Petites Affiches – Comment avez-vous entendu parler de cette formation ?

Catherine Saint-Ghislain – Je suis arrivée à la Sorbonne en Master 1, j’avais effectué mes études de licence à Lille avant ça. Comme tous les élèves, j’avais un cours de droit des entreprises en difficulté dispensée par le professeur François-Xavier Lucas. C’est là que je me suis prise de passion pour cette matière et que j’ai découvert qu’il était aussi le directeur du Master 2 de droit des entreprises en difficulté.

LPA – Qu’est-ce qui a fait que vous ayez choisi cette voie plutôt qu’une autre ?

C. S.-G. – J’ai vite réalisé que c’était une matière très complète qui regroupait tous les droits fondamentaux : droit des obligations, droit des sûretés, droit fiscal, ou encore droit européen. Comme l’a expliqué Emmanuel Macron aujourd’hui lors de son discours, c’est une matière qui est à la fois très pratique et politique. C’est aussi un moyen d’avoir un rapport direct avec l’économie, un domaine que j’apprécie particulièrement.

LPA – La formation est réputée pour être assez exigeante, comment s’est déroulée votre année ?

C. S.-G. – Le plus dur reste tout de même d’intégrer la formation, je dois avouer qu’avoir été admise a été un soulagement. L’année s’est ensuite plutôt bien déroulée même si évidemment, ce n’était pas tout le temps facile, car la charge de travail reste importante. Il faut arriver à s’investir à la fois dans le stage et dans les cours enseignés tout au long de l’année. Mon stage s’est effectué dans l’étude du codirecteur du master, Me Marc Sénéchal. Au final, je réalise que pouvoir allier le stage avec sa partie pratique et les cours théoriques est une vraie plus-value pour le diplôme. Mais c’est certain que la formation demande beaucoup d’efforts, notamment pendant la période du DU en chantier où l’on travaille sur un dossier qui nous est confié par une étude d’administrateur judiciaire. On a parfois des réunions qui durent jusqu’à une heure du matin et il faut s’accrocher.

LPA – Avoir Emmanuel Macron comme parrain de la promotion, c’était une fierté ?

C. S.-G. – Oui bien sûr, c’est une fierté, mais aussi une reconnaissance pour notre diplôme. Il s’agit tout de même du ministre qui a légiféré cette année sur le cadre des entreprises en difficulté. La précédente promotion avait placé la barre haute en choisissant Robert Badinter, nous avons eu la chance de pouvoir continuer sur cette lancée avec un parrainage tout aussi prestigieux.

LPA – Quelles sont vos ambitions pour l’avenir ?

C. S.-G. – J’hésite encore entre deux options : l’une d’elle serait de me diriger vers le métier d’avocat spécialisé en entreprises en difficulté puisque j’ai passé le barreau et que je suis en ce moment à l’école d’avocat. Mais c’est vrai que dans le cadre de mon stage chez BTSG j’ai découvert le métier de mandataire judiciaire et je pense que je vais quand même passer l’examen d’accès pour me garder cette porte ouverte.

Emmanuel Macron et Catherine Saint-Ghislain lors de la remise de diplôme de la 9e promotion du Master 2 Entreprises en difficulté.

DR

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Référence : LPA 03 Nov. 2016, n° 121p7, p.3

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