Premier appel à projets « Nature 2050 – Métropole du Grand Paris »

Publié le 08/04/2019

La Métropole du Grand Paris s’est associée à CDC Biodiversité pour un nouvel appel à projets, lancé le 18 février 2019. Son objectif est de déployer le programme « Nature 2050 » auprès des communes et territoires afin de préserver et restaurer la biodiversité de la métropole. Antoine Cadi est directeur de la recherche et de l’innovation à CDC Biodiversité, il évoque pour les Petites Affiches de leur volonté de s’appuyer sur la capacité d’adaptation de la nature face au changement climatique.

Le programme « Nature 2050 » a été lancé en octobre 2016 par CDC Biodiversité, une filiale de la Caisse des dépôts et consignations, dédiée à l’action en faveur de la biodiversité. Le but est de restaurer des espaces dégradés pour leur redonner une forme d’autonomie face au changement climatique. Les projets sont ensuite suivis jusqu’en 2050 pour s’assurer que le nouvel écosystème reste en bonne santé. Le lancement de l’appel à projets « Nature 2050 – Métropole du Grand Paris » est issu d’une convention de partenariat signée entre Patrick Ollier, président de la Métropole du Grand Paris, et Marc Abadie, président de CDC Biodiversité. Les communes et territoires auront du 18 février au 19 avril 2019 pour remettre leur dossier de candidature.

L’idée est de proposer des solutions fondées sur la nature pour protéger et reconstituer de façon écologique des systèmes dégradés et artificiels afin de leur redonner une résilience et une capacité à s’adapter au changement climatique. Les possibilités sont innombrables et variées, comme la renaturation des friches industrielles, la végétalisation des façades/toitures, le développement de trames vertes multifonctionnelles, le maintien des capacités d’infiltration naturelle de l’eau, etc. Le programme repose sur la mobilisation des entreprises pour financer les projets et leur suivi jusqu’en 2050. « Nous identifions les projets et nous les aidons à se monter. De l’autre côté, nous proposons aux entreprises qui sont sur le territoire de s’engager par notre intermédiaire, car elles sont concernées par le changement climatique », explique Antoine Cadi, directeur de la recherche et de l’innovation chez CDC Biodiversité. Depuis deux ans environ, 26 projets ont vu le jour en France avec près d’une trentaine d’entreprises engagées et 3,5 millions d’euros investis.

« La Métropole du Grand Paris a adopté lors du Conseil du 12 novembre 2018 le plan Climat Air Énergie (PCAEM) afin de lutter contre le changement climatique et réduire l’empreinte carbone du territoire via plusieurs objectifs et différentes actions de préservation de la biodiversité. C’est tout le sens du rapprochement entre la Métropole et CDC Biodiversité », souligne Patrick Ollier, président de la MGP. Ainsi, l’institution consacrera un million d’euros aux lauréats de l’appel à projets. Les conditions pour y participer sont de répondre aux objectifs de préservation et de résilience de la biodiversité, de s’engager dans un processus de long terme et de favoriser des partenariats avec les acteurs de la Métropole. Les milieux concernés sont les zones humides, les espaces forestiers et agricoles et le milieu urbain dense. Les dossiers de candidature devront être remis avant le 19 avril 2019. Ils seront étudiés par un comité technique et passeront devant un jury, puis la Métropole du Grand Paris attribuera les subventions pour les projets lauréats. L’annonce des lauréats aura lieu en juin 2019. Antoine Cadi, directeur de la recherche et de l’innovation chez CDC Biodiversité nous en dit plus sur ce projet.

Les Petites Affiches

Quelles sont les spécificités du programme « Nature 2050 » ?

Antoine Cadi

Nous partons du constat que la nature a une forte capacité d’adaptation, qu’elle a exercée au fil des centaines de millions d’années qui se sont écoulées depuis que la vie se développe sur terre, dans différentes conditions climatiques. Nous voulons restaurer les espaces dégradés et leur redonner une pleine autonomie face au changement climatique. Les actions de restaurations se font surtout au début, durant 3-4 ans, et nous nous engageons à suivre l’évolution à partir d’indicateurs qui nous permettent de s’assurer que l’écosystème est en bonne santé. Ces indicateurs sont là pour montrer que les parcelles sur lesquelles nous sommes intervenus ont su trouver les réponses face à ces conditions climatiques nouvelles. Il y a de nombreuses solutions, techniquement nous savons réparer un écosystème. Nous l’avons fait par exemple à Sevran, ou encore à Saint-Étienne, dans des contextes urbains fortement dégradés.

LPA 

Pourquoi CDC Biodiversité a signé ce partenariat avec la Métropole du Grand Paris ?

A. C.

Ces sujets doivent être traités à l’échelle métropolitaine désormais, ils font partis des nouvelles responsabilités de la Métropole du Grand Paris. Je pense notamment à Gémapi et la nécessité de mettre en place un plan d’action de lutte contre les inondations. Nous avons pensé que le programme « Nature 2050 » était un moyen de trouver des solutions et d’amener les collectivités locales dans une nouvelle dynamique. Nous avons besoin de changer nos fondamentaux pour inventer une ville nouvelle, un territoire repensé dans un contexte de changement climatique. Sortir des solutions grises basées sur le béton, le goudron, et l’artificialisation, pour s’engager délibérément vers les solutions fondées sur la nature. Nous soutenons déjà des projets sur le territoire mais notre objectif est d’en soutenir davantage et donc d’inviter les collectivités locales, les 131 membres de la MGP à faire remonter de nouvelles initiatives.

LPA 

Quels sont les enjeux sur le territoire métropolitain ?

A. C.

Ils sont nombreux, il y a les inondations, les îlots de chaleur, la dégradation de la qualité de l’air, le maintient de la fertilité des sols, la restauration des populations pollinisatrices, etc. L’artificialisation, les reflets des immeubles vitrés, du béton, font que la température devient insupportable durant les périodes de canicules. La végétalisation permet de gagner, par la photosynthèse, quelques degrés qui maintiennent ces espaces dans un niveau acceptable de température et donc d’habitabilité. Un autre point très peu abordé est celui de la biophilie, c’est-à-dire cette nécessité intrinsèque que les humains ont besoin d’un lien permanent à la nature pour leur épanouissement et leur santé. La présence d’éléments de nature auprès de chacun, est quelque chose d’important. Les études se multiplient faisant le lien entre une augmentation de la mortalité en ville et l’absence de nature. Nous visons donc des projets de désartificialisation, qui enlèvent du goudron et du béton pour faire renaître la nature. L’idée est de retrouver du sol fertile, fonctionnel et perméable. Par exemple, il y a déjà le projet en cours de restauration d’une zone anciennement occupée par l’usine Kodak dans les quartiers sud de Sevran qui a été signé le 30 juin 2017. Cela peut être également de restaurer une zone humide ou un cours d’eau comme nous le faisons dans l’Est parisien. L’appel à projet est très ouvert, il existe différents champs possibles et nous pourrons accompagner les élus dans l’élaboration de leurs projets. 

LPA 08 Avr. 2019, n° 143z8, p.3

Référence : LPA 08 Avr. 2019, n° 143z8, p.3

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