Droits de l’enfant : les missions de l’unité éducative d’activités de jour de Créteil

Publié le 29/11/2019 - mis à jour le 02/12/2019 à 14H44

Pour les 30 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, s’est rendue à l’Unité éducative d’activités de jour de Créteil, le 21 novembre dernier. Cette structure a pour mission de répondre aux problématiques d’insertion sociale, scolaire et professionnelle de jeunes mineurs. Plusieurs activités éducatives leurs sont proposées.

Nicole Belloubet, ministre de la Justice et Anne Meignan, directrice de la protection judiciaire de la jeunesse du Val-de-Marne. ©Rphaëlle Sochon

 

Le 20 novembre 1989, à New-York, la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), créée dans le but de reconnaître et de protéger les droits spécifiques des enfants, est approuvée à l’unanimité par l’Assemblée générale des Nations unies. Aujourd’hui, elle fête ses 30 ans. Lors de sa visite de l’Unité éducative d’activités de jour (UEAJ) de Créteil, le 21 novembre dernier, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet a signalé : « c’est une convention qui nous guide, le cadre dans lequel on s’inscrit. Elle est un instrument de protection des enfants et de droit à l’éducation ». « Nous veillons à être dans l’épure de la convention pour les textes que nous écrivons, comme avec le code de justice pénal des mineurs où nous avons rajouté, par exemple, la présomption de non-discernement à 13 ans et la limitation de la détention des jeunes », ajoute-t-elle.

 

L’éducation pour la réinsertion

L’UEAJ est un service de la protection judiciaire de la jeunesse du Val-de-Marne qui organisait une semaine de portes ouvertes. Il s’agit d’un établissement qui peut accueillir jusqu’à 24 jeunes qui font l’objet d’une mesure judiciaire en milieu ouvert. À travers divers ateliers d’apprentissage, l’objectif est de les réinsérer dans leur établissement scolaire ou vers un emploi. Le dispositif leur permet d’avoir accès au droit commun et d’être suivis individuellement par un éducateur. « Nous considérons que chez un enfant, rien n’est définitif et qu’avec le travail éducatif, ils peuvent trouver des voix de réinsertion », explique la garde des Sceaux. Ce travail se réalise en collaboration avec l’ensemble des acteurs concernés, tel que le Centre d’Information et d’Orientation, l’éducation nationale, les Centres de Formation en Apprentissage, etc. La durée de la prise en charge varie en fonction des individus.

Avec ce dispositif, les jeunes ont le choix entre plusieurs ateliers, que ce soit de musique, d’écriture et même de cinéma. En atelier musique, ils apprennent par exemple à écrire des textes qui parlent de leurs expériences personnelles. Des cours de français sont aussi proposés pour ceux qui ont des difficultés. Un des éducateurs a présenté leur dernier projet, il s’agissait de mettre en perspective la situation personnelle et familiale de chaque jeune en parallèle avec leur parcours scolaire. Mais ce qui les a plus impressionnés, c’est d’assister à une audience dans un tribunal. « C’était très intéressant, mais ils n’ont pas été assez sévères » raconte un des jeunes présents, d’une douzaine d’année.

Des petits chantiers sont également mis en place avec un accompagnant qui va leur apporter le savoir-faire en aménagement, réparation, menuiserie, etc. Selon ce dernier, « en étant en activité, c’est plus facile pour eux de trouver une orientation qui les intéresse vraiment ». « La plus grande difficulté est de trouver une entreprise qui accepte de les prendre en stage ou en apprentissage ensuite », ajoute-t-il. Le restaurant d’application « du soleil plein l’assiette », ouvert en 2015, permet aux plus âgés de se former en restauration ou au service. À l’arrivée de la ministre de la Justice, ils étaient tous à table, en train de manger ensemble avant de commencer le service. D’après Nicole Belloubet, « Il y a 20 ans, il n’y avait pas tout cela, nous progressons et cela évolue sans cesse ».

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