Hopper à la Fondation Beyeler

Publié le 05/10/2020 - mis à jour le 06/10/2020 à 10H10

Heirs of Josephine Hopper

Edward Hopper est l’un des principaux peintres américains du XXe siècle. Issu d’une famille modeste, il reçut une éducation baptiste. Quand il s’installa à New York, il se forma au métier d’illustrateur, puis il entra à la New York School of Art, en 1900. Entre 1906 et 1910, il séjourna à Paris pour compléter sa formation, et il visita d’autres pays d’Europe comme les Pays-Bas, l’Angleterre, l’Espagne, l’Allemagne ou la Slovaquie. Il se familiarisa, de cette façon, avec les œuvres des grands maîtres européens. Edward Hopper, qui était tombé sous le charme de la culture française, restera francophile tout au long de sa vie, continuant de lire des ouvrages en français.

Hopper exerça essentiellement sa peinture à New York, où il avait son atelier. Au début de sa carrière, il représenta des scènes parisiennes puis se consacra aux paysages ruraux et urbains américains. Il fut ainsi un témoin attentif des mutations sociales américaines. Ses peintures expriment la nostalgie d’une Amérique passée, et elles résultent du regard très singulier qu’il portait sur la vie moderne. Ses scènes avec un ou deux personnages esseulés, mélancoliques, sont assez significatives de l’atmosphère qu’il souhaitait représenter. La solitude est inscrite, presque oppressante.

Pour ses paysages ruraux, Edward Hopper avait choisi principalement de les situer dans le Nord-Est des États-Unis. Ses lieux de prédilection étaient le Cap Cod, où il avait une propriété d’été, et la Nouvelle-Angleterre, dont il peignit principalement les phares. Il n’y a pas d’êtres humains dans ces paysages qui sont comme désertés. Quant à ses paysages urbains, ils représentent principalement des lieux de New York, qu’il affectionnait comme Restaurant à New York (1922) ou Portiques à Manhattan (1928).

Une grande partie des peintures d’Edward Hopper exprime le conflit entre la nature et le monde moderne, entre ce qui est naturel et artificiel. Leurs ambiances ont un côté métaphysique, où la société est devenue individualiste, et où les relations humaines sont réduites au minimum.

Le thème central de l’exposition est fourni par ses peintures les plus connues : ses immenses paysages naturels et urbains. L’accent est mis sur la représentation du paysage, car c’est un aspect de l’œuvre d’Edward Hopper qui est rarement mentionné.

Dans l’une des salles de la Fondation Beyeler est projeté Two or Three Things I know about Edward Hopper, un court métrage en 3D du réalisateur et photographe Wim Wenders.

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Référence : LPA 05 Oct. 2020, n° 152y0, p.18

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