Jazz, Gainsbourg

Publié le 26/11/2019 - mis à jour le 28/11/2019 à 16H56

Jazz, Gainsbourg

Mercury

L’année 1958

Sous l’œil photographique de Michel Brigaud, le jeune Serge Gainsbourg pose derrière le piano. Il compose.

En 1958, il sort : Du jazz dans le ravin. De 1958 à 1964, Gainsbourg grave quelques morceaux intéressants, mais qui ne deviendront pas les plus connus.

La période « Jazz » de Gainsbourg, peu s’en souviennent. On salue à cet égard l’initiative du label Mercury Music (2019), qui en réédite, en vinyles, pas moins de quinze albums !

Une compilation

Mercury réédite donc des singles qui ne furent pas des tubes, même si on se souvient de Cha Cha Cha du loup ou de Elaundanla Teiteia.

Cette époque jazzy de l’artiste, qui a duré quelques années et le temps de plusieurs albums, n’a pas été, côté public et commercial, à la hauteur de ses attentes…

Mais l’écoute de L’alcool, Intoxicated man, Black trombonne ou Baudelaire reste un bonheur musical !

Le souvenir d’Alain Goraguer

Cet album permet, au passage, outre Gainsbourg chanteur, de retrouver le grand arrangeur français de ces années-là : Alain Goraguer.

Il était présent sur les albums jazz de Gainsbourg, jusqu’à Gainsbourg Percussions (1964) et figure ici sur la quasi-totalité des morceaux.

Goraguer, c’était aussi l’auteur de la BO du film : L’eau à la bouche.

Son nom était également écrit sur le 45 tours de la BO de J’irai cracher sur vos tombes.

Toute une époque.

Du jazz et des regrets

La pochette, trop vide hélas, ne dit rien du parti pris artistique de la production.

Pourquoi le choix de ces morceaux, et pas d’autres ? Idem pour l’absence totale d’indication sur le personnel et les musiciens travaillant aux côtés de Gainsbourg.

Pourtant, c’était la crème. Parmi eux, Daniel Humair ou le jeune Eddy Louiss, qui s’éclatent sur son B3. Ah, le B3 ! Laurent de Wilde, pianiste surdoué, en parle bien dans son monumental : Les fous du son.

Heureusement, pour rompre avec l’oubli et l’injustice, Jazz Magazine, dans un remarquable article consacré aux années jazz de Gainsbourg, donne ce qu’il faut comme informations et rend hommage à ceux qui ont forgé ce son et cette manière de jouer, qui n’a pas pris une ride…

LPA 26 Nov. 2019, n° 149d1, p.15

Référence : LPA 26 Nov. 2019, n° 149d1, p.15

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