Nantes côté restaurants

Publié le 27/05/2016

Le 112e Congrès des notaires de France qui se tiendra du 5 au 8 juin prochain aura lieu cette année dans la ville de Nantes. C’est là l’occasion d’une échappée professionnelle qui peut se doubler de visites touristiques et de quelques bonnes découvertes gastronomiques. Nous avons été tester pour vous certaines adresses de la ville phare de Loire-Atlantique.

Le restaurant lAtlantide 1874 de Jean-Yves Guého, au Manoir de lHermitage à Nantes.

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L’Atlantide 1874

C’est « le » restaurant étoilé de Nantes. Jean Yves Guého a quitté le dernier étage de la Chambre de commerce et d’industrie pour s’installer sur la butte Sainte-Anne dans la Maison de l’Hermitage.

Voisin du musée Jules Verne, le lieu jouit d’une belle vue sur la ville et la Loire qu’il surplombe d’une trentaine de mètres, et le panorama est impressionnant, englobant aussi le charmant petit village de Trentemoult aux maisons colorées des pêcheurs et des cap-horniers.

La demeure du XIXe siècle vient d’être restaurée (association de verre, de bois et d’acier jouxtant les murs d’origine). À l’établissement qui compte 70 couverts s’ajoute aujourd’hui un hôtel de quatre chambres d’hôtes.

Ici on est sur le registre d’un étoilé et on dépasse le cadre d’une bonne cuisine locale : en saison, menu tout truffe et quelques plats révélateurs tels que sandwich de homard, tomates confites et oignons nouveaux ; cannelloni d’araignée de mer, concombre et bouillon de petits pois ; ris de veau au sautoir girolles et lait d’ail aux ours… La cuisine se complète d’une belle cave dont quelques fort beaux Muscadets.

• 5, rue de l’Hermitage ; 02 40 73 23 23 ; menus à 30 et 38 € le midi, de 48 à 118 € le soir.

Pickles

Un ex-informaticien anglais pour une table très courue qui plébiscite les produits locaux en leur apportant des touches inédites.

Le décor est simple et les tables sont à touche-touche ; mais l’addition très légère vaut le coup. Soufflé au Comté, endives braisées à l’orange et chicorée ; cromesquis de tête de veau nantais, mayonnaise et moutarde ; saumon miso, concombre, yaourt raifort et algues.

• 2, rue du Marais ; 02 51 84 11 89 ; menus à 15,50 et 19,50 € le midi ; 32 et 44 € le soir.

Le château des ducs de Bretagne à Nantes.

Jean-Dominique Billaud/LVAN

Lulu Rouget

Drôle de nom pour un restaurant ! Il fait référence au surnom du chef Lulu pour Ludovic et à son passage dans un fameux restaurant de poisson ; donc pourquoi pas « rouget » ! Passez ce détail sans importance et donnez-vous du mal pour réserver une table (le lieu est petit et le téléphone ne répond que de 10h30 à 12h et de 18h30 à 20h, succès et remplissage oblige !). Après un premier amuse-bouche de merlan juste saisi à la japonaise sur une divine gelée de Granny Smith et estragon, laissez-vous faire sans piper mot : le menu est « à yeux fermés », donc pas de carte ni d’annonce des plats. C’est le chef qui décide et donne à tous les clients le même menu, tenant compte cependant de vos allergies.

N’ayez cependant pas d’inquiétude : chaque plat mène joyeusement le bal en associant épices, iode, terre, sel et sucre. Voici quelques suggestions que vous n’aurez sûrement plus lors de votre propre passage, le menu secret changeant tous les jours : Saint-Jacques snackées, poutargue saupoudrée et purée de navets ; joues de porc chanterelles, kumquat confit, riz soufflé et moules dans un jus clarifié ; bar escorté d’agrumes et de châtaignes avec encornet, poulpe et citron caviar ; crémeux chocolat-passion et glace cacahuète ; choux praliné et mousse passion sur un disque chocolat noir ; fromage frais aromatisé par du ras el hanout et sorbet de dattes éclats de pistache.

• 1, rue du Cheval Blanc ; 02 40 47 47 98 ; suggestions « les yeux fermés » en 4 séquences à 49 € et 5 séquences à 59 € avec la possibilité d’un accord vin sur chaque plat à 5 € le verre.

Le grand éléphant. Les Machines de lîle.

Jean-Dominique Billaud / LVAN

Les Chants d’Avril

Dans le Nantes arty, entre la Cité des Congrès et l’hôpital ; une atmosphère bistronomique tenue par un chef à la verve légendaire. Pas de carte ni d’ardoise, mais un menu mystère qui vous est expliqué plat après plat. Même pour le vin, on vous laisse goûter et la serveuse vous demande ultérieurement si vous avez « trouvé » le vin. Pressé de légumes, rouget pesto basilic menthe et pickles de légumes ; œuf cuit à basse température, saumon mariné et poireaux en lamelles ; comme une pavlova, crème de citron sorbet mangue.

Une carte de vins presque exclusivement nantais qui va fouiner auprès de tous les viticulteurs.

• 2, rue Laënnec ; 02 28 44 27 08 ; menus à 2 plats à 19 € et 22,50 € pour 3 plats ; le soir, une seule offre à 3 plats à 26,50 €.

La Maison Baron-Lefèvre

En place d’un ancien entrepôt maraîcher, un lieu qui est à la fois brasserie, épicerie fine et atelier de cuisine. Dans votre assiette, des plats de terroir qui ont la truculence et la verve de ceux qui les préparent, Jean-Charles Baron et son épouse Isabelle Lefèvre. Homard bleu rôti aux girolles, demi-pigeonneau et son escalope de foie gras, véritable Chateaubriand, soufflé aux framboises ; voici quelques-unes de leurs propositions.

• 33, rue de Rieux ; 02 40 89 20 20 ; menus de 18,50 à 26 €.

La Cigale

Sur la place du théâtre-opéra, un des restaurants emblématiques de la ville où les notables aiment à se retrouver autour d’un banc d’huîtres. Vous devez aller là-bas pour un simple tea time ou juste pour admirer la décoration intérieure.

La Cigale.

Cette brasserie est l’ancien QG des surréalistes et le lieu est classé monument historique, car c’est là une des plus vieilles brasseries Art Nouveau de France (1895). Les céramiques du nantais Émile Libaudière, les miroirs Belle Époque, les camées de femmes légères et de bourgeois au ventre bedonnant alternent avec les sculptures colorées et turquoises ainsi que les coquillages dorés.

Le restaurant a été le point de chute d’André Breton qui y retrouvait Jacques Prévert. Cadre unique, la Cigale a aussi été choisie pour le tournage de Lola en 1961 ; d’autres films emprunteront aussi ce fabuleux décor : Debout les crabes, la mer monte et Jacquot de Nantes.

• 4, place Graslin ; 02 51 84 94 94 ; menus et plats de 15 à 27,50 €.

Joyi

Si vous aimez le Japon et ses saveurs marines et iodées, alors Joyi est l’adresse à ne pas rater. Magnifique spectacle de découpe de poissons et magnifiques sushis, sashimis, makis et autres spécialités poissonneuses du pays du Soleil Levant préparés par Anthony Nguyen et son épouse. Maquereau mariné au vinaigre de riz et gingembre, anguille sauce kabayaki algues nori et poivre Sancho, rouget et gelée yuzu.

• 4 rue de Colmar ; 02 40 35 53 66 ; de 14, 50 à 35 €.

Song, Saveurs & Sens

Nhung Phung est une Vietnamienne devenue Nantaise qui nous transporte des rives de la Loire aux confins du Tonkin. Dépaysement garanti avec des saveurs métissées de Thaïlande ou du Vietnam. L’entrée est forcément une soupe Tom Kha avec poulet, coco, infusions de galanga et feuilles de combava (10 €) ou des croustillants de langoustine (14 €). Le plat principal à choisir est le « tigre, une larme à l’œil ! », une variante du tigre qui pleure, de fines tranches de bœuf Wagyu juste saisies à la plancha (24 €). Les desserts tournent autour de fruits exotiques, de mangues en ravioles, de fruits de la passion en pavlova (environ 10 €).

• 5, rue Nanteuil ; 02 40 20 88 07 ; menus le midi à 14,50 € pour 2 plats et 18,50 € pour 3 plats.

Song, Saveurs & Sens.

Le Voyage à Nantes

L’Assise

L’ancien palais de justice a été repris et totalement réaménagé par la chaine hôtelière de luxe Radisson Blu. Donc si le cœur vous dit de prendre un repas dans un lieu où des confrères juristes ont travaillé et plaidé… Mais vous ne reconnaîtrez que peu la salle des pas perdus ou la salle d’audience, car des boiseries blanches et des écrans de projection servent de décoration à l’heure actuelle. Vous pourrez y déguster un dos de bar en croûte de Nori, crémeux de mâche, risotto safrané ; ou encore une épaule d’agneau confite aux noisettes lingots à l’huile de truffe.

• 6, Place Aristide Briand ; 02 72 00 12 14 ; menus de 32 à 45 €.

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Référence : LPA 27 Mai. 2016, n° 114q8, p.86

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