La nouvelle pensée unique en social-démocratie

Publié le 29/07/2016

La nouvelle pensée unique en social-démocratie, sous-titré « Haro contre le lobbying liberticide des faiseurs d’opinions », aborde un principe-clé qui ouvre l’une des toutes premières portes à la démocratie : le droit à la vie privée. Or, cette liberté a été clandestinement confisquée aux citoyens en juillet 2015 par une loi relative au renseignement. Au motif de lutter contre le terrorisme, le Gouvernement vient précisément, profitant de l’émotion de tout un peuple que suscitèrent les attentats, de répondre positivement au Graal des fondamentalistes, lesquels cherchent à annihiler, avec patience et détermination, chaque pan des droits constitutionnels attachés aux libertés et à la laïcité.

Autrement dit, en élaborant une surveillance absolue sur l’intimité numérique de tous les individus, via le net, les réseaux sociaux et autres outils de communication, l’État français, certes à son corps défendant, aura offert une victoire inattendue à l’Islam intégriste. À quelles fins une telle indiscrétion généralisée et pour servir quels intérêts ? Quelle réponse efficace doit-on attendre d’une surveillance intégrale dont le Big Data alors déjà en place n’empêcha pas les 481 victimes, décédées ou blessées le 13 novembre 2015 ?

Il ne saurait y avoir de liberté dans un pays où une oligarchie barbouze s’octroie la faculté de fouiller chaque recoin de l’esprit des gens à leur insu, de capturer leur opinion et de sonder leur pensée comme on violerait les secrets de leur correspondance ou d’un journal intime. De fait, à la faveur de cette loi, le Big Brother de l’exécutif, à l’aide de logarithmes et de ses hackers institutionnels, se passe des juridictions judiciaires pour écouter, lire et stocker les données des particuliers, nonobstant une commission ad hoc intégralement subordonnée à l’autorité régalienne.

Daniel Desurvire est l’ancien directeur-doyen du Centre d’étude juridique économique et politique de Paris (CEJEP) ; membro honorario (IV Congreso de derecho societario, faculté de droit, université de Mendoza, Argentine, 1986) ; consultores externos (Estudios universales, Concepción, Chili, 1993) ; et collaborateur freelance (groupe éditorial juridique et judiciaire français Lextenso).

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Référence : LPA 29 Juil. 2016, n° 119p3, p.3

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