« Vous êtes tous une bande d’enflures que je méprise » lance Ritchy Thibault au tribunal qui vient de le condamner

Publié le 06/10/2026 à 17h08

Ritchy Thibault a été jugé le 8 septembre pour des propos tenus à l’encontre d’Emmanuel Macron. Au cours de l’audience houleuse, le prévenu avait été expulsé, et le tribunal avait finalement ordonné un huis clos total. La décision a été rendue ce mardi. 

"Vous êtes tous une bande d’enflures que je méprise " lance Ritchy Thibault au tribunal qui vient de le condamner
Tribunal de Paris (Photo : ©P. Cabaret)

Quand il apparaît sur l’écran, la salle est vide, car Ritchy Thibault est en prison et ses soutiens sont en manifestation. Tout de même, sept policiers en faction occupent le fond de la salle, et trois journalistes – dont une dessinatrice – attendent que soit rendue la décision à l’encontre du militant et étudiant, placé ce week-end en détention provisoire pour une autre affaire liée au blocus des lycées.

Il avait été jugé le 8 septembre pour ces propos : « L’éborgneur ! N’oublie jamais que nous sommes dans le pays de la Révolution française, le pays qui fait tomber les têtes des monarques », lancés sur le passage d’Emmanuel Macron, lors d’une visite au salon de l’agriculture le 24 février 2024, et qualifiés de menace envers le chef de l’État par le parquet.

« Oui Emmanuel Macron est un éborgneur et il faut faire tomber la tête des monarques »

La salle s’emplit du tribunal, la présidente ouvre l’audience et Ritchy Thibault dit : « Ce sera plus facile pour vous de m’expulser, car il vous suffira d’interrompre la visio », avec un sourire goguenard. La présidente lit la décision. Ritchy Thibault est déclaré coupable et condamné à quatre mois de prison avec sursis.

Le tribunal déclare qu’il résultait de « l’ensemble de ces éléments que les propos incriminés, tenus en dehors de tout contexte artistique (…) ont dépassé les limites admissibles de la liberté d’expression. » Ritchy Thibault a annoncé faire appel, puis il a dit : « Vous êtes l’arbitraire le plus total puisque vous m’avez condamné sans me laisser la possibilité de me défendre (…) Je vous méprise profondément, vous paierez car vous êtes une bande de pourritures au service des dominants. Je réitère mes propos : oui Emmanuel Macron est un éborgneur et il faut faire tomber la tête des monarques », interruption de la présidente, propos inaudible du procureur, Ritchy Thibault reprend la parole : « Et le procureur peut aller se faire voir aussi, puisque vous êtes tous une bande d’enflures que je méprise », interruption de la visio, fin de l’audience.

En se levant, la présidente avise l’une des journalistes présente : « Vous êtes la journaliste ? La dessinatrice ? » Interloquée, l’intéressée répond que oui, elle est dessinatrice. Dans un reportage dessiné, pour le média Au Poste, elle avait représenté Ritchy Thibault tenant la tête d’Emmanuel Macron fraîchement séparée de son corps. Ce dessin illustrait un article annonçant l’audience du 8 septembre, et lors de cette audience, Ritchy Thibault avait déclaré qu’il lui valait de nouvelles poursuites. La présidente regarde fixement Ana Pich, se lève et quitte la salle en silence. L’audience est levée.

 

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