Congrès de l’ACE : « La force est en nous »

Publié le 14/10/2020 - mis à jour le 15/10/2020 à 20H09

« La force est en nous » tel est l’intitulé du 28ème Congrès de l’Association des avocats conseils d’entreprise (ACE) qui aura lieu les 15 et 16 octobre prochains. Un congrès qualifié de « digital » mais dont plusieurs réunions plénières se tiendront en présentiel, à la Maison du Barreau, rue de Harlay à Paris. Delphine Gallin, présidente de l’ACE, se félicite de la participation très importante déjà enregistrée et nous livre en exclusivité les résultats d’un sondage réalisé auprès des adhérents.  

Actu-juridique : Le congrès de l’ACE se tiendra jeudi 15 et vendredi 16 octobre à Paris. En pleine crise sanitaire, vous avez donc fait le choix de maintenir ce rendez-vous, pour quelles raisons  ?

 Delphine Gallin : L’ACE organise un congrès chaque année, nous y tenons beaucoup et c’est pourquoi nous avons voulu le maintenir malgré les circonstances. Il aurait dû normalement se tenir à Arcachon, mais dès le mois de juin, nous avons estimé que la situation était trop incertaine et qu’il valait mieux opter pour une version digitale. Exceptionnellement nous avons dérogé à la règle selon laquelle nos congrès n’ont jamais lieu à Paris. En contrepartie, nous avons doublé le nombre d’ateliers. Ils seront tous en visioconférence ainsi que l’une des réunions plénières. En revanche, les trois autres plénières se dérouleront en présentiel. Compte-tenu de la gravité de la crise que nous traversons, nous avons souhaité réunir tous les acteurs politiques en lien avec notre profession. Nous accueillerons donc le bâtonnier de Paris Olivier Cousi, la présidente du CNB Christiane Féral-Schuhl, mais aussi l’ancien garde des sceaux Dominique Perben qui viendra parler de son rapport ainsi que le président de l’UNAPL, Michel Picon, et le président de l’AFJE, Marc Mossé. Il nous paraissait important de réunir la grande famille des juristes et des professions libérales dans cette période difficile et de le faire en présentiel. Ces réunions plénières seront accessibles à tous.

Actu-Juridique : Quels sont les thèmes retenus pour les ateliers?

DG : Chaque atelier a été pensé pour être en prise directe avec l’actualité de sorte que ceux qui y assistent puissent en retirer des outils pratiques pour leur exercice professionnel : nouvelles organisations techniques et juridiques du travail, organisation du cabinet, relation client, gestion du confinement, enseignements à retirer de la crise sanitaire. Il y a aussi des ateliers moins classiques, des softs kills dont l’objectif est d’accompagner au plus près les préoccupations quotidiennes les confrères quel que soit leur mode d’exercice. L’un des ateliers portera sur l’audience et le développement de la visioconférence. Nous voulons que chacun puisse se sentir un peu moins seul et reparte avec des idées pour sortir de la crise et se préparer à être un acteur de la reprise.  Paradoxalement, le full digital  nous facilite les choses, nous avons déjà en effet 400 inscrits ce qui est plus que lors d’un congrès traditionnel où nous sommes environ 500 mais en comptant aussi les partenaires et les intervenants.

Actu-Juridique : On pourrait penser que les cabinets d’affaires souffrent moins que les autres de la crise actuelle, est-ce le cas  ?

DG : C’est une idée totalement fausse. Nous avons peut-être moins souffert durant le confinement car, plaidant peu, nous étions moins exposés à l’arrêt d’activité des tribunaux. Et encore, il ne faut pas oublier que nous comptons parmi nos membres beaucoup d’avocats en droit social qui eux ont souffert de l’interruption des audiences et subissent aujourd’hui les retards accumulés. Par ailleurs, beaucoup de projets ont été suspendus, les fusion-acquisitions ont été reportées, les levées de fond gelées, l’activité fiscale était au point mort. Aujourd’hui, nous devons en permanence nous adapter aux besoins des clients qui varient en fonction d’un contexte économique et sanitaire très instable. Surtout, disons-le franchement, les carnets de commande ne sont pas pleins. On observe beaucoup de mouvements actuellement dans les cabinets, c’est l’illustration des difficultés que rencontrent les cabinets d’affaires. Ceux qui s’en sortent le mieux sont ceux qui ont constitué des réserves de trésorerie. Et précisément un des enjeux du congrès consiste à insuffler des réflexes de gestion à nos confrères. On nous forme trop peu à la gestion, or la crise nous montre à quel point c’est une question de survie.

Actu-Juridique : Vous venez de réaliser un sondage auprès de vos membres. Quelles sont les grandes tendances qui en ressortent ?

 DG : Les confrères réclament à une très large majorité que l’on modernise la déontologie pour leur permettre d’être de vrais acteurs sur le marché du droit. Toutefois, et c’est une très bonne chose, ils demeurent attachés aux principes essentiels que sont le secret professionnel et l’indépendance. Autrement dit, ils souhaitent une déontologie moderne mais pas dénaturée. On constate aussi une tendance marquée en faveur du renforcement des outils de gestion, de management, d’une formation plus efficace. Enfin, s’agissant de la réforme de l’audience, ils sont très pragmatiques et veulent pouvoir choisir entre présentiel et visio selon l’intérêt du dossier. En résumé, sur tous les sujets, ils sont ouverts et même demandeurs d’innovation, mais dans le respect des grands principes. Et ce sont en effet ces principes qui fondent notre identité et nous distinguent de nos concurrents.

 

 

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