Les acteurs privés et publics d’IDF s’unissent pour faire vivre l’innovation en santé

Publié le 23/05/2016

La Chambre de commerce et d’industrie de la région Ile-de France (CCI Paris IDF) et Medicen Paris Région, l’un des sept pôles français de compétitivité mondiale spécialisé dans le domaine de la santé, viennent de créer le Lab Santé IDF, une plate-forme collaborative visant à accélérer la conception et le développement des innovations en santé. Jean-François Vermès, à la tête de la CCIR-IDF depuis janvier dernier, devrait en être le président. Entretien avec Béatrice Falise-Mirat, déléguée générale de Medicen Paris Région.

Les Petites Affiches – Pourquoi cette association ?

Béatrice Falise-Mirat – Très sollicitée par les entreprises innovantes, l’Agence régionale de santé en île-de-France (ARS) a souhaité créer une plate-forme collaborative pour aider les projets à exister auprès des acteurs de santé. L’idée est de réunir tous les acteurs de l’écosystème de la santé, publics et privés (médecins, centres de santé, hôpital, entreprises innovantes, payeurs, etc.) pour permettre à une innovation de se développer en trouvant des acteurs, son modèle financier, son utilisation, etc.

Medicen Paris Région ayant entre autres pour vocation de faire émerger des projets collaboratifs innovants et de les accompagner vers le marché, la CCIR-IDF celle d’accompagner les entreprises dans leur développement, l’ARS s’est naturellement tournée vers nous. L’objectif du Lab est de faire vivre l’innovation dans le réel.

LPA – Quelles seront les principales missions du Lab Santé IDF ?

B.F.-M. – L’Association a pour finalité de faciliter, stimuler et soutenir les projets de solutions innovantes en santé, en adéquation avec les priorités et besoins de santé en Ile-de-France. L’innovation sera considérée au sens large : les produits de santé, les technologies et notamment les technologies de l’information et de la communication, les pratiques, les financements ou bien encore les organisations.

Dans ce cadre, l’Association vise à faciliter le décloisonnement et les synergies entre acteurs publics et privés en particulier dans le développement, l’évaluation et la diffusion des innovations en Ile-de-France.

LPA – Quel sera le rôle du comité éthique ?

B.F.-M. – Dans le domaine de la santé, faire coopérer des acteurs publics et privés peut soulever plusieurs questions d’éthiques et de déontologie, notamment en ce qui concerne la transmission des données des patients. Comment gère-t-on l’accès aux informations personnelles ? Quelles sont les règles applicables ? Qui a le droit de les consulter ? Comment… ?

Il sera dirigé par Didier Sicard, ex-président du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) qui a mené en 2012 une mission sur la fin de vie.

LPA – En pratique, comment le Lab Santé IDF compte-t-il faire travailler, ensemble, les acteurs privés et publics ?

B.F.-M. – Le Lab Santé sera composé de cinq collèges représentant les parties prenantes à l’innovation en santé. Il y aura par exemple le collège des opérateurs de santé, celui des acteurs de la santé (médecins, hôpitaux, organismes de recherches), des financeurs (assureurs, grands groupes, investisseurs), ou encore des opérateurs de santé. Toute cette équipe opérationnelle sera chapeautée par le professeur Jean-François Dhainaut, l’ancien président de l’AERES (Agence de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur).

LPA – Quelles seront vos priorités ?

B.F.-M. – Il est encore trop tôt pour le dire mais nous devrions d’abord nous concentrer sur le « bien vieillir » : comment être autonome ? Rester chez soi le plus longtemps possible ?, etc. Il y a d’ores et déjà des thèmes forts comme la santé numérique (télémédecine, intégration du domicile dans les soins), la médecine personnalisée ou encore les thérapies cellulaires. Les priorités seront fixées en collaboration avec l’ensemble des collèges.

LPA – Quelle est l’étape la plus difficile à franchir pour une innovation ?

B.F.-M. – La mise sur le marché d’une innovation est très compliquée. Il existe de nombreuses aides publiques pour lancer l’innovation au début, mais plus le projet avance, plus elles se font rares. Le risque, l’investissement, les résultats mais surtout le temps d’investissement varient selon les domaines d’innovation. La biotechnologie met 10 à 15 ans avant d’être commercialisée, la santé numérique 1 à 2 ans et les technologies médicales 5 à 7 ans. La commercialisation est l’étape la plus difficile.

LPA – Un exemple de projet innovant porté par des entreprises franciliennes ?

B.F.-M. – Medicen Paris Région a travaillé avec l’ARS Ile-de-France sur le thème de l’innovation dans le projet TerriSanté. Retenu parmi 18 projets pour développer l’économie numérique sur un territoire de 350 000 habitants au cœur de la métropole du Grand Paris, pour améliorer la santé de la population, l’objectif principal de TerriSanté est l’amélioration de la coordination des parcours de soins entre la ville et l’hôpital, grâce au déploiement massif de solutions numériques qui facilitent en même temps le travail des professionnels et l’accès aux soins des patients, tout en veillant à la réduction des inégalités de santé. Vingt millions d’euros ont été attribués pour la mise en œuvre de ce projet.

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Référence : LPA 23 Mai. 2016, n° 116a9, p.4

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