Claire Montoya à la galerie Thuillier

Publié le 29/03/2022 - mis à jour le 29/03/2022 à 10H09

Baguettes colorées et verre.

Artcurial

Conjuguer peinture et sculpture, c’est l’art inventif, singulier, en tout point personnel de cette artiste complète qui ne cède ni à la mode, ni aux compromis. Elle aurait pu choisir le marbre ou le bronze, elle a préféré travailler le verre qui lui permet une synthèse intelligente avec la couleur.

En perpétuelle recherche, Claire Montoya réalise une œuvre toujours renouvelée avec pour thème récurrent la nature dans sa diversité, révélée à travers une abstraction poétique parfois lyrique, teintée de l’enthousiasme de l’artiste pour la créativité. Grande voyageuse, elle a parcouru divers continents observant les lieux avec attention pour en conserver la mémoire et les retraduire en des sculptures aux formes variées. Minéral, végétal et étendues désertiques sont révélés par des jeux de forme et de couleurs, par des rythmes vivants dans la clarté d’une palette vibrante. La lumière est ici primordiale.

Mais le verre est un matériau qu’il faut apprivoiser afin de le conduire au résultat voulu. Le travail commence par une esquisse puis vient le découpage, le meulage des plaques de verre ; c’est ensuite la pose des baguettes colorées et enfin la cuisson.

La pureté des lignes de ces sculptures, dont les volumes aux contours toujours différents peuplent l’espace, est remarquable. Chaque œuvre possède son expression ; toute en rondeurs, Duo, où les rouges, les jaunes, les orangés ponctués de bleus communiquent une sorte d’ardeur. La transparence du verre donne vie à la couleur comme en atteste également Baïkal, une création rectangulaire animée d’une palette où se répondent gris, ocre brun/jaune, qui exprime la mouvance de l’eau. Et lorsque Claire Montoya évoque la Bretagne, elle utilise la vigueur des rochers comme écrin au verre coloré qu’ils enserrent : l’œuvre se dresse dans l’espace entre puissance et fragilité, une fragilité dont l’artiste fait une force.

La pureté des lignes est permanente, un feu intérieur anime cette création sculpturale toujours intimement reliée à la peinture, comme le révèle Hommage à Mondrian, une toile vivante, dynamique.

Une vraie sensibilité est à la base de ce travail ; une sensibilité à la nature réécrite mais non trahie, dans une abstraction libre née d’un regard personnel, d’une émotion alliée à la réflexion. Cette œuvre offre au spectateur la possibilité de reconstituer à sa guise le paysage. À côté d’œuvres à la palette haute en couleurs se glisse soudain Flamme bleue, doucement colorée. Est-ce une vision de l’océan, d’une rivière ? Toutes les hypothèses sont permises. C’est l’intérêt de cette création, hymne à la nature, qui séduit par son renouvellement perpétuel, et cependant reconnaissable entre toutes.

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