De l’inspiration des peintres

Publié le 10/11/2016

Arnold Schönberg, peindre l’âme

Arnold Schönberg (1874-1951) fut un compositeur, comme nous le savons, chef de file de la Seconde École de Vienne, l’inventeur du dodécaphonisme. Il fut l’un des grands créateurs du XXe siècle qui révolutionna l’histoire de la musique. Il fut aussi enseignant et, on le sait moins, peintre.

Arnold Schönberg, Paysage nocturne [III], 1911, huile sur contreplaqué, 21 x 20 cm.

Vienne, Centre Arnold Schönberg – Belmont Music Publishers/ Paris, ADAGP, 2016

Ce fut à partir du mois de décembre 1908 et pendant plusieurs années, que Schönberg réalisa une œuvre picturale tout à fait hors norme. Il peignit des autoportraits et des portraits de ses proches qui voisinent avec ce qu’il nomma des « Regards », des visions hallucinées où la lumière des yeux semble percer un espace lointain et indéfini.

Il réalisa aussi des caricatures, des scènes de la nature ou des études de décor pour ses opéras. La démarche picturale de Schönberg débuta à un moment charnière de son travail de compositeur.

L’exposition en cours au MAHJ a bénéficié de prêts exceptionnels, et elle souligne, à travers 300 œuvres et documents, la singularité de cette production, en la situant dans le contexte artistique viennois de cette époque. Ainsi, les œuvres de Schönberg côtoient celles de Richard Gerstl, Egon Schiele, Oskar Kokoschka ou Max Oppenheimer.

Et, avec un choix de travaux de Vassily Kandinsky, elle rappelle les liens entre les deux artistes, unis dans la création par une semblable approche musicale et picturale. En janvier 1911, à la suite d’un concert, Kandinsky écrivit à Schönberg pour lui dire à quel point il retrouvait dans sa musique les « aspirations » que lui-même avait pour sa peinture. Cette lettre fut le début d’une longue correspondance.

Albert Gleizes, du cubisme à la contemplation

Après Georges Rouault et Alfred Manessier, le musée de Fourvière nous propose le cubisme d’Albert Gleizes (1881-1953), avec notamment une Crucifixion provenant du Centre Georges Pompidou et la Vierge à l’enfant du musée Calvet d’Avignon.

Nous pouvons voir également des œuvres de ses suiveurs : la peintre et potière Anne Dangar, le mosaïste Daniel Gloria, ou Paul Régny et Andrée Le Coultre, qui fréquentèrent Moly-Sabata, un lieu de travail que Gleizes fonda en 1927, aux Sablons, en Isère.

Albert Gleizes fut l’autre inventeur du cubisme, un philosophe et un théoricien. Sa vie et son œuvre furent guidées par une volonté de transmission de l’art, dans le but de le rendre accessible à tous.

Albert Gleizes, La Crucifixion (projet de triptyque pour l’église Sainte-Blanche de Serrières en Ardèche), 1927, peinture à la colle sur toile, 213 x 175 cm.

Adagp, Paris

Nous lui devons le premier traité sur le cubisme, Du Cubisme, paru en 1912, et il fut l’un des membres fondateurs de la « Section d’or », fondée en 1911.

 

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Référence : LPA 10 Nov. 2016, n° 120y3, p.16

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