« Le droit fiscal, c’est des maths et du français »

Publié le 07/12/2020 - mis à jour le 08/12/2020 à 9H48

Associé du cabinet Bredin Prat, Jean-Florent Mandelbaum exerce au sein de l’équipe de droit fiscal. Cet avocat de 36 ans s’est vu décerner le Prix du juriste HEC en 2019.

Les Petites Affiches : Pouvez-vous nous présenter ce Prix du juriste HEC ?

Jean-Florent Mandelbaum : C’est un prix créé par Cédric Sinarinzi et Romain Dambre – anciens élèves d’HEC – en 2012, remis à des diplômés d’HEC depuis moins de 15 ans et poursuivant une carrière juridique. Dans cette perspective, le Bureau des juristes d’HEC – une association d’étudiants en droit de cette même école – propose au jury du Club HEC Alumni, des nominés susceptibles d’être vus comme « inspirants » pour les étudiants en droit d’HEC. Ce prix met ainsi en lumière d’anciens étudiants qui se sont donné les moyens de tracer leur chemin personnel, en faisant des choses qui leur tiennent à cœur dans le domaine juridique. Le Lauréat est choisi parmi les nominés, par le jury qui regroupe d’une part, des professeurs ainsi que des étudiants en droit d’HEC et, d’autre part, des professionnels du droit au sens large : des avocats mais également des administrateurs judiciaires ou encore des experts financiers.

LPA : Quelle est votre activité ?

J.-F.M. : Je suis avocat d’affaires spécialisé en droit fiscal. J’ai une triple activité. La première est une activité transactionnelle : j’accompagne des sociétés et des fonds de private equity dans la structuration de leurs opérations d’acquisitions. Je m’occupe alors de la structure de l’acquisition, ainsi que des contrats autour de cette acquisition. Ce n’est jamais du prêt-à-porter : chaque contrat est créé pour les besoins spécifiques d’une opération. Je négocie par ailleurs avec les managers, notamment dans le cadre de la structuration de leur investissement dans le groupe cible. Cette activité transactionnelle comprend également la participation à des opérations boursières d’envergure, et de deals industriels. J’ai, par exemple, représenté General Electrics dans le cadre de l’acquisition de l’activité Power & Grid d’Alstom.

La deuxième branche de mon activité se concentre sur la fiscalité patrimoniale, principalement pour des particuliers ou pour leurs holdings. Nous les accompagnons dans l’organisation de leur patrimoine et des transmissions qu’ils effectuent.

La troisième est une activité de contentieux, au sens large. En fiscalité, la procédure contentieuse commence avant d’aller voir le juge, avec la phase de redressement fiscal, qui peut durer plusieurs années. Vous échangez avec l’administration pour faire valoir vos arguments et obtenir l’abandon du redressement. Si l’on n’y parvient pas, on passe à la phase contentieuse.

La plupart des cabinets de droit des affaires choisissent l’une des spécialités : le private equity, le M&A industriel, le contentieux ou le patrimonial. C’est l’ADN de l’équipe fiscale de Bredin Prat de pratiquer chacune d’elles. C’est une chance, car ces domaines s’enrichissent mutuellement.

LPA : Que vous apporte votre cursus à HEC ?

J.-F.M. : J’ai construit mon début de carrière sur le côté pluridisciplinaire et transversal de mes études. Mon métier allie technicité du droit, créativité des solutions et bonne connaissance du marché et des problématiques économiques auxquelles sont confrontées les entreprises que nous conseillons ou défendons. J’aime ce côté transversal. Le droit fiscal pourrait paraître, vu de l’extérieur, un peu aride. C’est en fait à la fois du droit civil et du droit des sociétés. Il y a beaucoup de chiffres évidemment, mais une grande importance est également donnée à la rédaction : chaque mot compte, et c’est un droit très exégétique. Pour le dire de manière triviale, c’est des maths et du français !

Il y a différentes manières d’exercer la fiscalité. J’ai la chance de le faire dans un cabinet incroyablement stimulant, porté par la recherche de l’excellence.

LPA : Cette double formation est-elle courante ?

J.-F.M. : Il y a entre 10 et 20 avocats par promotion d’HEC. Ce n’est donc pas énorme. Dans l’équipe fiscale de Bredin Prat, nous sommes 5 parmi les associés à avoir fait HEC, et 8 de nos collaborateurs ont également fait cette formation.

Cette double formation me permet, je l’espère, en faisant dialoguer économie et finance d’une part, et droit d’autre part, de fournir à mes clients des conseils couvrant l’ensemble de leurs préoccupations.

LPA : Que représente pour vous l’attribution de ce Prix du juriste HEC ?

J.-F.M. : C’est avant tout pour moi une reconnaissance de mes pairs, les HEC du monde du droit, qu’ils soient déjà des professionnels aguerris ou des étudiants. Je ne regrette pas une seconde d’avoir pris cette voie. Mais ce fut une formation intense, qui impliquait de me replonger dans des études à un moment où mes camarades avaient pour la plupart une vie plus douce. Je vois donc également dans ce prix une reconnaissance des efforts fournis.

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Référence : LPA 07 Déc. 2020, n° 158d8, p.3

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