L’Île-de-France soutient le développement de l’intelligence artificielle dans le secteur de la santé

Publié le 13/09/2019 - mis à jour le 13/09/2019 à 16H03

La région Île-de-France a dévoilé le lauréat du « AI for Health Challenge », au Palais de Tokyo, à Paris, le 5 septembre dernier. La start-up gagnante, spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée à la recherche clinique, recevra un financement d’1,5 millions d’euros afin de faire progresser la lutte contre le cancer.

 

En proposant le concours « AI for Health », l’objectif de la région Île-de-France est de montrer son engagement pour étendre l’utilisation de l’intelligence artificielle dans des secteurs déterminants telle que la santé. Ce challenge s’inscrit dans le plan régional IA 2021 de l’Ile-de-France qui souhaite devenir le centre de l’intelligence artificielle en Europe. Plusieurs mesures avaient été dévoilées par Valérie Pécresse en 2018 en faveur des entreprises et de la formation avec un investissement à hauteur de 20 millions d’euros par an.

Pour concourir, les participants devaient obligatoirement être des start-ups et PME françaises ou européennes, implantées ou ayant un projet d’implantation dans la région. Le prix a été remis à la société Owkin, co-fondé en 2016 par Thomas Clozel, ancien chef de clinique et Gilles Wainrib, mathématicien. Celle-ci utilise les technologies des machines learning pour améliorer la recherche médicale et provoquer des découvertes scientifiques. La start-up effectuera ses travaux de recherche en lien avec l’Institut Gustave Roussy, le premier centre régional de lutte contre le cancer. Ils devront développer des outils d’intelligence artificiel performants pour faire progresser la recherche en oncologie. Le premier objectif défini est de produire un algorithme capable de prédire les récidives de cancer du sein. Le deuxième est d’arriver à exposer des biomarqueurs radiologiques pour sélectionner le traitement le plus adapté.

Controverse sur l’utilisation de l’IA en médecine

Si l’intelligence artificielle a prouvé son efficacité dans le domaine médical depuis plusieurs années, elle interroge quant à son encadrement juridique et les craintes sont nombreuses. Les innovations allant plus vite que le législateur, la règlementation de ces pratiques est souvent obsolète. Face à des algorithmes qui dépassent les compétences humaines, ce sont notamment des questions liées à l’éthique et à la responsabilité qui sont en jeu. De même, la confidentialité des informations sur les patients doit être assurée. En France, les données utilisées sont anonymisées quand elles sont utilisées pour la recherche médicale. Pour l’instant, seul le règlement européen général sur la protection des données (RGPD), entré en vigueur en 2018, a créé de nouveaux droits qui responsabilisent les individus sur le traitement de leurs données.  Les promesses de l’intelligence artificielle sont révolutionnaires et une règlementation trop stricte pourrait ralentir les avancés de la recherche. A contrario, pas assez régulée, elle pourrait devenir un danger pour les patients.

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