Les usages de l’intelligence artificielle dans les entreprises

Publié le 26/11/2019 - mis à jour le 27/11/2019 à 14H52

L’intelligence artificielle est désormais accessible aux entreprises françaises, la demande est grandissante dans tous les secteurs d’activité. Pour certaines, il existe encore des freins, liés à la complexité des technologies et à leur mise en œuvre. Le Club Nelson de la Chambre de commerce et d’industrie des Hauts-de-Seine (92) a donc organisé plusieurs réunions d’information pour faire connaître cette nouvelle technologie.

Table ronde lors de l’événement de la CCI 92 au Zalthabar ©Raphaëlle Sochon

 

Selon l’étude « Les entreprises françaises sur la voie de l’intelligence artificielle », de Tata Consultancy Services, 36 % des entreprises utilisent déjà l’intelligence artificielle (IA) et le mouvement s’accélère. En effet, toutes les entreprises possèdent des données – ou data – qui servent ensuite à la création d’algorithmes, capables d’imiter certains processus du cerveau humain. Ces algorithmes peuvent assister les humains dans l’analyse de ces données ou pour des tâches plus complexes. Dans le département des Hauts-de-Seine, le Club Nelson qui réunit des dirigeants d’entreprises du numérique de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI 92) propose des réunions d’information sur la mise en place de solutions accessibles.

Une de ces rencontres s’est tenue au Zalthabar, à Levallois-Perret, le 19 novembre dernier. Il s’agit d’un espace réaménagé avec des salles scénarisées pour les séminaires d’entreprises et réunions de travail. C’était l’occasion de découvrir trois starts-ups qui vont s’installer dans la structure. Lyyti est une plate-forme intelligente de gestion d’événements en ligne avec des outils qui permettent de faciliter leur organisation. L’organisme de formation, Human Station, utilise le digital pour accompagner la transformation numérique des entreprises. L’Académie des passions qui accueille des jeunes en décrochage scolaire, les aide à reprendre confiance en eux et à développer leurs talents, à travers le sport, la culture et les nouvelles technologies. Pour ces projets, l’IA fait partie intégrante de la stratégie économique. Une table-ronde a suivi sur le rôle des données et la manière dont les entreprises intègrent l’IA, avec Olivier Mégean, président de demain.ai, Marie-Luce Picard, chef de projet de Teradata et Pascal Rabier, ingénieur chez Google.

 

« Il y a toujours besoin d’un humain qui reste vigilant
sur l’utilisation des données et garde un esprit critique. »

 

L’usage de l’intelligence artificielle se retrouve assez régulièrement au quotidien, par exemple avec les chatbot, le cloud, Teams, etc. En récoltant des masses de données sur leurs processus et leurs clients, les entreprises vont avoir de quoi nourrir l’IA. La question de l’éthique est présente : quelles sont les données qui peuvent être exploitées ? En France, il est nécessaire d’avoir les droits sur les données, leur utilisation est régulée, notamment avec le règlement général sur la protection des données (RGPD), en vigueur depuis 2018. De plus, il faut reconnaître que les algorithmes peuvent générer des biais, c’est-à-dire des procédés qui vont engendrer une erreur dans les résultats. D’après Olivier Mégean, « il y a toujours besoin d’un humain qui reste vigilant sur l’utilisation des données, prend du recul et garde un esprit critique ».

Gain de temps, de clients, de croissance : pour les entreprises qui ont incorporé l’IA dans leur stratégie, les bénéfices sont nombreux. Aux États-Unis, la marque Skin Advisor a lancé une application qui propose des produits de beauté adaptés aux clients, à partir de l’analyse de leur photo. Elle a indiqué qu’elle avait doublé son nombre de ventes avec 4 millions d’utilisateurs. Pourtant, ces nouvelles technologies ont un coût et nécessitent des experts qualifiés. « Avant d’utiliser l’IA, il faut savoir ce qu’on veut faire, ce dont on a besoin », explique Olivier Mégean. L’objectif n’est pas de remplacer le travail d’un humain mais, comme toute technologie, de lui permettre de faire moins de tâches mécaniques et de développer d’autres compétences qui apporteront de la valeur ajoutée. Il existe un large choix de solutions proposées, notamment par Google avec ses algorithmes pré-entraînés. Ce sont donc les prémisses de l’intelligence artificielle en entreprises, la réflexion est de savoir quel est l’impact qu’elle aura sur les modèles économiques à l’avenir.

 

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