Seine-et-Marne (77)

Covid : les Hauts-de-seine moins touchés économiquement que Paris et la Seine-et-Marne

Publié le 29/03/2022 - mis à jour le 29/03/2022 à 10H06

Dans une note publiée récemment, l’INSEE révèle que l’économie de la région Île-de-France a été, en moyenne, plus impactée par les restrictions mises en place lors de la deuxième vague épidémique, que le reste de la France. Paris et la Seine-et-Marne, tournés vers l’économie de loisirs, ont été les départements franciliens les plus affectés.

La focale entre l’Ouest et l’Est, d’ordinaire déployée pour mesurer les inégalités en Île-de-France, n’est que peu utile, cette fois-ci, pour juger de l’impact de la crise sanitaire sur l’activité régionale. D’après les données de l’Institut national de la statistique et des données économiques (INSEE), les départements de Paris et de la Seine-et-Marne ont été les plus pénalisés par les restrictions imposées lors de la deuxième vague Covid, entre novembre 2020 et février 2021. En effet, ces territoires sont ceux qui abritent davantage les activités de loisirs, culturelles, et récréatives, celles-là même qui ont été soumises, lors de la deuxième vague, à des fermetures administratives car jugées « non-essentielles » par le gouvernement. Ainsi, alors que le volume d’heures rémunérées ne baissait, durant cette période, « que » de 6 % dans les Hauts-de-Seine (92) et l’Essonne (91) par rapport à 2019, il chutait respectivement de 15 et 14 % dans la capitale et la Seine-et-Marne (77). À Paris, bars, restaurants et musées sont restés, pour une grande partie d’entre eux, fermés jusqu’au printemps 2021 ou ont vu leurs heures d’ouvertures largement restreintes. Dans le « 77 », c’est la bande à Mickey et Minnie – le parc d’attractions de Disneyland représente plus de 10 000 emplois localement – qui a dû cesser d’accueillir du public durant de longues semaines. Et contrairement aux activités de bureaux qui pouvaient être soumises aux télétravail, serveurs, cuisiniers et animateurs n’ont pas pu exercer leurs professions à distance. En outre, explique l’INSEE, dans le département des Hauts-de-Seine (92) « sont fortement implantées des activités demeurées indispensables à la vie économique du pays (banque, assurances, recherche, fonctions métropolitaines supérieures d’encadrement et de direction) ou pour lesquelles la demande s’est maintenue dans le contexte de la pandémie (audiovisuel, informatique…) ».

Roissy cloué au sol

Logiquement, les zones aéroportuaires ont été aussi fortement touchées par les restrictions de l’hiver 2020/2021. À Roissy, par exemple, entre novembre 2020 et avril 2021, « 30 % des salariés ont été concernés par le dispositif d’activité partielle, contre 16 % sur l’ensemble de l’Île-de-France », note l’Institut. Pour rappel, au plus fort de la crise, le nombre de vols a chuté de près de 100 % par rapport aux exercices précédents. Suivent de loin, la zone d’emploi de Marne-la-Vallée (77) – qui compte 20 % d’activité partielle -, et celle de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (78) – qui compte 19 % d’activité partielle – où est concentrée de nombreuses entreprises du secteur aéronautique et automobile : PSA à Poissy et Renault à Guyancourt, notamment. À l’opposé, dans le quartier d’affaire de La Défense (92), là où sont implantées de nombreux sièges sociaux de grandes entreprises françaises, l’activité partielle n’a touché que 11 % des salariés durant la même période.

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Aussi, si la crise sanitaire n’a pas été sans effet, non plus, sur le nombre de demandeurs d’emplois en fin de mois (DEFM), l’INSEE précise que « cette augmentation n’est pas complètement corrélée avec celle du recours à l’activité partielle ». En effet, si les données de l’activité partielle se réfèrent au lieu d’activité, celles concernant les demandeurs d’emplois se rapportent au lieu de résidence. Or, en Île-de-France, les trajets domicile-travail sont importants entre les départements. Dans le détail, indique l’INSEE, c’est dans la zone d’emploi de Saclay, spécialisée dans les emplois de recherche et de développement du fait du développement de l’université Paris-Saclay, que progresse le plus le nombre de demandeurs d’emploi (+ 19 %) alors que le recours à l’activité partielle y était l’un des plus faibles de la région (11 %). Néanmoins, l’Institut rappelle que « si la crise sanitaire a engendré une hausse non négligeable de la demande d’emploi, le phénomène est de bien moindre ampleur que lors de la crise financière de 2008-2009 ». Il y a 13 ans, le nombre de demandeurs d’emplois avait connu une hausse spectaculaire de 28 % entre le premier trimestre 2008 et le premier trimestre 2010, soit bien plus que pendant la pandémie : + 13 % à l’échelle de la région entre les premiers trimestres 2019 et 2021. « Les dispositifs d’activité partielle et les plans de soutien ont permis d’amortir le choc », signale l’INSEE.

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Et maintenant la guerre

Deux ans après le premier confinement en France, le retour « à la normale » de l’activité francilienne est-il pour autant acté ? En partie, seulement, car des doutes subsistent. Les touristes internationaux se font encore discrets dans les grands magasins, musées et lieux touristiques de la capitale. Rien ne permet d’affirmer qu’ils reviendront rapidement ni dans quelle proportion. Enfin, la guerre en Ukraine pourrait aussi avoir un effet majeur sur certaines industries franciliennes, à commencer par celle de l’automobile. Renault, notamment, devrait être affecté par les sanctions économiques imposées à la Russie. Le plus grand pays du monde est le deuxième marché en termes de ventes, après la France, pour la marque au losange.

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