Conjoncture économique et déploiement du plan « France Relance » : le point sur la situation en IDF

Publié le 10/03/2021 - mis à jour le 11/03/2021 à 13H27

Près d’un an après le début de la crise sanitaire, le préfet de la région Île-de-France Marc Guillaume fait le bilan économique des conséquences de la Covid-19 en Île-de-France. Pendant que certains secteurs d’activité sont toujours à l’arrêt, d’autres se redressent ou tentent de se relancer. Lancé en septembre 2020, le plan « France Relance » poursuit son déploiement à travers la région francilienne. Un soutien à l’ensemble des entreprises, aux industries, aux acteurs de l’innovation, à la jeunesse et aux collectivités. 

Actu Juridique : Globalement, quelle est la situation économique en Île-de-France en ce début d’année 2021 ?

Marc Guillaume : 2020 a été une année difficile, marquée par la crise et ses conséquences directes, dures, sur notre économie. En dépit des fortes mesures de soutien déployées en faveur des entreprises, les effets de la crise économique et sociale se font sentir. Ainsi, on constate une hausse de 14 % sur un an du nombre demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi et sans activité (catégorie A).

Autre indicateur que nous surveillons de près, le nombre de plans de sauvegarde de l’emploi. Avec 494 procédures engagées en 2020, représentant 49 700 emplois menacés, 2020 a été une année hors norme. À titre de comparaison, cela représente deux fois plus d’emplois menacés par rapport à l’année 2019.

Néanmoins, ce bilan masque une situation plus contrastée. Contrastée dans le temps, puisque l’analyse pour le troisième et le quatrième trimestres 2020 montre un début de redressement de la situation. Le nombre de demandeurs d’emplois a notamment diminué de 7,31 % au troisième trimestre. Contrastée aussi selon les secteurs. Si certains sont très durement touchés, notamment dans les domaines du tourisme, de événementiel, de la culture et de l’hôtellerie-restauration, d’autres, comme le BTP et l’industrie, résistent dans notre région.

Face aux difficultés que peuvent rencontrer les entreprises et les salariés, le gouvernement a engagé un très important plan de relance. Les services de l’État sont pleinement mobilisés au service de l’emploi et de l’économie pour mettre en œuvre l’ensemble de ces mesures de soutien et de relance.

AJ : Concernant les secteurs d’activité, quels sont les domaines les plus impactés et ceux qui s’en sortent le mieux ?

M. G. : En janvier, l’activité de l’industrie régionale a progressé pour le 2e mois consécutif, même si cela s’est fait dans des proportions réduites. Ainsi, l’industrie francilienne a retrouvé environ 90 % de son taux d’activité d’avant crise. Depuis la fin d’année, la progression du secteur industriel a été quasi générale, en particulier pour la chimie et les produits informatiques, électroniques et optiques. Le taux d’utilisation de l’outil de production s’est dès lors stabilisé, à 71,4 % en moyenne, dans un contexte de stocks bas et de progression des entrées de commandes.

« L’’industrie francilienne a retrouvé environ 90 % de son taux d’activité d’avant crise. »

Dans les services marchands, la région reste en revanche plus touchée que la moyenne nationale, notamment en raison du poids du secteur de l’hébergement et de la restauration. Les niveaux d’activité demeurent bas, représentant à peine 10 % du niveau normal pour l’hôtellerie. La restauration traditionnelle reste à l’arrêt. Dans la restauration rapide, les ventes ont légèrement baissé en raison du couvre-feu fixé à 18 heures à la mi-janvier.

Face à cette situation, l’État intervient massivement pour soutenir les entreprises et les salariés. Depuis mars 2020, ils ont ainsi bénéficié, en Île-de-France, de plus de 8 Mds€ d’indemnisation au titre de l’activité partielle, de plus de 48 Mds€ de prêts garantis par l’État, de plus de 3 Mds€ d’aides au titre du fonds de solidarité et de plus de 4 Mds€ de report ou d’exonérations de charges fiscales et sociales.

AJ : Quel premier bilan faites-vous du déploiement du plan France Relance en Île-de-France ?

M. G. : Le plan France Relance, c’est tout un ensemble de dispositifs économiques et sociaux de soutien pour aujourd’hui et de préparation de demain. Sa mise en œuvre est, avec la lutte contre l’épidémie, une priorité de l’action de l’État. Pour accompagner les entreprises, le plan de relance comporte aussi un volet de baisse des impôts de production. Ce dispositif bénéficie à 142 947 entreprises franciliennes, pour un montant annuel estimé à plus de 2,88 Mds€.

À la fin 2020, le plan de relance dans la région avait par ailleurs déjà permis de verser ou d’acter le versement de plus de 746 M€ d’aides. Ces aides comprennent notamment un soutien global à l’investissement industriel pour les projets implantés en Île-de-France. Elles concernent par exemple la modernisation des filières automobile et aéronautique, la relocalisation et le soutien à l’investissement territorial. Déjà 82 entreprises franciliennes en ont bénéficié pour plus de 70 M€.

Dans un autre domaine, le plan de relance a déjà permis de subventionner 111 projets portés par des collectivités locales pour un montant de près de 60 M€. Ces projets s’inscrivent dans les champs de la transition écologique, de la résilience sanitaire ainsi que de la rénovation du patrimoine. Une seconde tranche de 75 M€ va être prochainement engagée.

De nombreuses autres aides ont été apportées comme 1,5 M€ en faveur des ressourceries et des recycleries, 10 M€ pour les cinémas, et 5,25 M€ à destination des librairies et des maisons d’édition.

L’État a également décidé de faire un effort particulier pour la rénovation énergétique de ses bâtiments publics, ceux de l’enseignement supérieur, de la recherche et de la vie étudiante. 613 M€ vont être engagés dans la région à cet effet.

À travers le déploiement de ces dispositifs, l’État agit concrètement et directement pour l’ensemble des Franciliennes et Franciliens. Nous avons lancé une carte interactive en ligne pour permettre à chacun de découvrir, près de chez soi, les projets les plus emblématiques financés par France Relance. Le déploiement du plan de relance se poursuit de jour en jour.

AJ : Comment s’articule le plan entre les différents acteurs de la région ?

M. G. : L’État n’agit pas seul et veille à s’articuler étroitement avec les autres acteurs de la région notamment, à travers la signature d’un accord régional de relance.

L’accord de relance État-région pour la période 2021-2022 a ainsi été signé le 4 mars par la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, Jacqueline Gourault, et la présidente du conseil régional, Valérie Pécresse. Cet accord illustre la mobilisation conjointe de l’État et de la région pour l’économie francilienne. Il concrétise un soutien aux secteurs d’activités les plus éprouvés, l’engagement d’actions communes s’inscrivant dans le cadre de priorités stratégiques partagées et un renforcement de la coordination entre l’État, la région et les partenaires locaux au service d’une relance territorialisée.

S’agissant spécifiquement du volet compétitivité, l’État et la région travaillent de concert pour améliorer la lisibilité des mesures de soutien à destination des entreprises. Ainsi, l’ensemble des projets accompagnés dans le cadre du fonds de soutien industriel dans les territoires ont à ce titre fait l’objet d’une concertation avec le conseil régional.

Le programme d’investissements d’avenir (PIA), qui a pour but de relever le défi de la compétitivité et de faire émerger un nouveau modèle de croissance, a mis en œuvre 3 générations successives d’aides depuis 2010 qui ont généré de très fortes retombées financières pour la région Île-de-France. Dans le cadre de la 4e édition de ce dispositif, pour la période 2021-2025, les priorités sont la transition écologique, la compétitivité de l’économie et la résilience de l’organisation socio-économique du pays. À l’occasion de ce quatrième volet territorialisé, nous lancerons avec la région des appels à projets conjoints et cofinancés à parité, pour un montant total État-région de plus de 180 M€, dont 110 M€ d’aides concentrées sur 2021-2022 dans le cadre de la relance.

Le plan de relance de l’État est animé par un comité de pilotage et de suivi co-présidé avec Valérie Pécresse, présidente du conseil régional, et Pierre-Louis Marie, directeur régional des finances publiques. Il réunit les représentants des collectivités locales franciliennes, les préfets de départements, les recteurs, les directeurs généraux et régionaux des services de l’État, le président du Conseil économique, social et environnemental régional ainsi que les présidents des chambres consulaires régionales. Chaque mois, ce comité permet d’animer et de rendre compte du déploiement du plan de relance dans notre région. L’ensemble des partenaires locaux peuvent ainsi faire des remontées concernant les dispositifs.

En complément, des comités régionaux réguliers réunissent les partenaires sociaux, les associations environnementales et les acteurs économiques pour les mobiliser et les impliquer pleinement dans le déploiement de France Relance. On y examine, avec eux, les éventuels points d’amélioration à opérer. Dans les départements franciliens, des réunions sont également organisées par chacun des préfets de département.

Afin d’informer au mieux les Franciliennes et les Franciliens sur les mesures du plan de relance, nous lançons avec Aides-Territoires un portail internet. Les collectivités, les acteurs privés et les particuliers peuvent y trouver instantanément l’ensemble des aides auxquelles ils sont éligibles.

AJ : Comment les aides ont-elles été attribuées aux entreprises franciliennes ? 

M. G. : Guichets, appels à projets, appels à manifestation d’intérêt : il existe différents modes d’attribution. S’agissant du secteur de l’industrie, les aides sont versées aux entreprises par la Banque publique d’investissement (BpiFrance), opérateur des fonds, relance du volet compétitivité, après approbation de la préfecture de région pour le fonds de soutien à l’investissement territorial et après l’approbation de la ministre chargée de l’Industrie pour les autres fonds gérés au niveau national.

Par exemple, 30 entreprises franciliennes ont déjà bénéficié du fonds de modernisation de la filière aéronautique pour un montant de plus de 21 M€. Parmi elles, l’entreprise Expliseat à Paris qui a bénéficié d’une subvention de 1,787 M€. Ce financement lui permettra de financer un projet particulièrement innovant, « Cabin », qui s’appuie sur son savoir-faire en matière de transformation et de recyclage de matériau composite pour avion. Cela permettra d’alléger le poids des appareils, de transporter plus de passagers et de réduire les émissions de CO2. Expliseat va également pouvoir créer une vingtaine d’emplois.

L’appel à projets pour le soutien aux investissements de modernisation de l’industrie automobile a, quant-à-lui, déjà permis de soutenir 14 entreprises franciliennes pour un montant de plus de 12,8 M€, dont PSA à Poissy. Ce site assure la production de plusieurs modèles de véhicules de la gamme Premium Compact Thermique et électrique. Le projet soutenu par le plan de relance a pour objectif de moderniser l’usine en automatisant certaines opérations et en digitalisant les contrôles qualité. Il permettra notamment au site de gagner en flexibilité et de renforcer sa compétitivité.

Plus de 19,5 M€ sont mobilisés au titre du plan de relance pour la relocalisation des filières stratégiques, telles que l’électronique ou la santé, pour 5 entreprises franciliennes. L’entreprise X-FAB est l’une d’elles. Son projet vise à relocaliser dans l’Essonne la fabrication de semi-conducteurs, aujourd’hui fabriqués en Asie. Le projet va permettre à terme le maintien de l’emploi industriel sur le site, sous forme d’emplois d’opérateurs de production, de techniciens en charge d’entretenir les infrastructures et les machines, des emplois d’ingénieurs et chercheurs assurant le développement de technologies innovantes, relais de croissance de l’entreprise.

Par ailleurs, 33 projets ont déjà été soutenus par le fonds d’accélération des investissements industriels dans les territoires pour un montant de plus de 17 M€. Ces projets vont permettre de créer plus de 820 emplois dans les territoires franciliens. iXblue à Saint-Germain-en-Laye est par exemple un acteur mondialement reconnu dans le domaine des systèmes de navigation inertielle pour le secteur spatial. Afin de répondre aux besoins des nouveaux satellites, iXblue a développé des gyroscopes plus économiques, plus compacts et à faible consommation d’énergie. L’objectif est la création d’une nouvelle ligne de production, ici, en Île-de-France, à Saint-Germain-en-Laye. Le projet bénéficiera d’une aide de 800 000 € et permettra un investissement industriel de 1,1 M€. 10 à 15 nouveaux emplois pourront être créés.

AJ : Quelle est la particularité des secteurs aéronautique et automobile en Île-de-France ?

M. G. : Ces deux secteurs sont essentiels pour la région. L’Île-de-France et son tissu de 2 000 sociétés concentrent notamment 43 % des dépenses de recherche et développement du secteur aéronautique dans l’Hexagone. 105 000 emplois sont liés aux activités industrielles et l’aéroportuaire totalise près de 130 000 emplois. L’aéronautique est également le premier secteur exportateur francilien pour 10,5 Mds€ en 2016. C’est ce tissu industriel très dense, composé de nombreuses petites et moyennes entreprises, qui est soutenu par le plan de relance. 80 % des aides du fonds de modernisation aéronautique bénéficient à ce titre à des PME. Ces aides permettent notamment de soutenir des opérations de production sur la région, mais également des opérations d’ingénierie, de recherche et de développement. Ces projets ont ensuite des répercussions concrètes sur l’ensemble du territoire national, où se trouve la plupart des unités de production des entreprises soutenues.

S’agissant du secteur automobile, la région francilienne est l’une des seules au monde à intégrer la totalité de la chaîne de valeur : de la conception, la fabrication et l’ingénierie à la distribution et la réparation. C’est également une force de frappe en matière de recherche et développement reconnue dans le monde entier. Disposant d’un écosystème complet qui conçoit les véhicules du futur, l’Île-de-France accueille notamment deux constructeurs mondiaux, Renault et PSA Peugeot Citroën, plus de 8 000 entreprises, 13 000 établissements employant plus de 140 000 salariés et des équipementiers de renommée mondiale tels que Bosch, Delphi, Denso, Faurecia, ou Valeo. Le premier pôle français d’innovation automobile se trouve en Île-de-France. On y dénombre 6 centres de R&D majeurs dont le Technocentre de Renault à Guyancourt et le centre de technique et de design de PSA à Velizy. Les lauréats franciliens du plan de relance automobile comptent aussi une forte composante technologique. L’État soutient tout particulièrement des investissements permettant de développer et de produire en France les véhicules de demain, électriques ou autonomes par exemple.

AJ : En quoi le programme « 1 jeune 1 solution » est-il essentiel pour la région Île-de-France ?

M. G. : Le plan « 1 jeune, 1 solution » est essentiel dans la mesure où il permet d’offrir à chaque jeune francilien qui en a besoin un accompagnement vers l’emploi ou la formation. L’insertion professionnelle de la jeunesse est primordiale pour construire l’Île-de-France de demain. En 2020, ce plan a accompagné plus de 100 000 jeunes. Il se décline en 25 mesures s’articulant autour de trois axes d’intervention prioritaires : faciliter l’entrée des jeunes dans la vie professionnelle, les orienter et les former vers les secteurs et les métiers d’avenir et accompagner les jeunes éloignés de l’emploi en construisant des parcours d’insertion sur mesure.

« L’insertion professionnelle de la jeunesse est primordiale pour construire l’Île-de-France de demain. »

Ces mesures bénéficient d’ores-et-déjà aux jeunes Franciliens. 31 980 primes à l’embauche des jeunes de moins de 26 ans de 4 000 euros ont été accordées en 2020, soit 128 M€ mobilisés par l’État à ce stade. 15 292 primes à l’apprentissage, allant de 5 000 à 8 000 €, ont été accordées en 2020 en Île-de-France, pour un montant de 100 M€. En raison de la situation, ces aides sont prorogées jusqu’au 31 mars 2021. Par ailleurs, 22 000 jeunes ont bénéficié en 2020 d’un accompagnement intensif des jeunes (AIJ) auprès de Pôle emploi, grâce au recrutement de 112 conseillers supplémentaires dans la région. En 2021, nous prévoyons un doublement de la garantie jeunes, portée par les missions locales, ce qui portera leur nombre à 24 000 en Île-de-France.

D’autres aides vont connaître une montée en puissance cette année. C’est le cas des mesures relatives à l’emploi franc+, qui est une aide bonifiée à l’embauche des jeunes des quartiers de la politique de la ville. Ce sera également le cas pour le contrat d’initiative emploi (CIE) jeunes, qui est un emploi aidé dans le secteur marchand.

En outre, grâce aux crédits du plan de relance, une dotation additionnelle de 108 M€ sera ajoutée en 2021 à l’enveloppe annuelle du Pacte régional d’investissement dans les compétences (PRIC) de 250 M€. Elle permettra de financer en Île-de-France 15 483 parcours de formations qualifiantes ou pré-qualifiantes pour les jeunes vers des métiers qui recrutent.

Nous agissons quotidiennement pour mieux faire connaître ces différentes mesures auprès des entreprises et auprès des jeunes. Le plan régional pour l’insertion de la jeunesse (PRIJ), lancé en 2018, participe également à cet accompagnement des jeunes Franciliens durant cette période compliquée. Ce plan mobilise sur le terrain plus d’une centaine de référents de parcours dans une centaine de quartiers prioritaires. Depuis son lancement, 4 000 jeunes ont pu être accompagnés et plus de 2000 d’entre eux sont désormais en emploi ou ont bénéficié d’une formation. Cette année, dans le cadre de l’extension du PRIJ, 102 quartiers supplémentaires vont être couverts, ce qui va porter leur nombre à 197.

AJ : Le plan de relance laisse-t-il une place importante à la rénovation énergétique ?

M. G. : Elle est au cœur du plan. La transition énergétique est essentielle pour répondre au défi climatique. C’est pour cela que l’État a déjà mobilisé plus de 613 M€ en Île-de-France pour la rénovation thermique de ses bâtiments publics et ceux de l’enseignement supérieur. Les 351 projets retenus pour ce volet visent non seulement à s’engager pleinement vers la transition énergétique mais aussi à améliorer considérablement le confort des usagers, des agents de l’État ou des étudiants. Le centre sportif universitaire de Nanterre, par exemple, bénéficiera d’une aide pour sa rénovation structurelle et énergétique qui s’élève à 7 M€.

« L’État a déjà mobilisé plus de 613 M€ en Île-de-France pour la rénovation thermique de ses bâtiments publics et ceux de l’enseignement supérieur. »

En ce qui concerne le parc privé, les aides en faveur de la transition énergétique commencent à être déployées grâce au dispositif « MaPrimeRénov’ ». Les propriétaires et les copropriétés peuvent notamment bénéficier d’une aide financière pour des travaux d’isolation, de chauffage, de ventilation ou la réalisation d’un audit énergétique d’une maison individuelle ou d’un appartement en habitat collectif. Elle permettra à de nombreux Franciliens d’améliorer le confort de leur logement.

AJ : Pour finir, de quelle manière sont soutenues les collectivités territoriales dans ce plan ?

M. G. : L’État s’attache à soutenir financièrement les communes et leurs groupements face aux conséquences économiques et sociales de la crise sanitaire qui se traduisent par une diminution de leurs recettes et par une augmentation de leurs dépenses. Afin d’accompagner un effort massif et rapide de la relance de l’investissement du bloc communal, l’État a abondé d’1 Md€ supplémentaires la dotation de soutien à l’investissement local (DSIL) dans le cadre de la 3e loi de finances rectificative pour 2020. Ces crédits se sont ajoutés aux 2 Mds€ de dotation de soutien aux investissements des communes, des intercommunalités et des départements, ouverts au sein de la loi de finances pour 2020.

En Île-de-France, cette « DSIL relance » mobilise, pour les années 2020 et 2021, 130 M€ supplémentaires, dont 55 M€ investis dès 2020. Ces crédits exceptionnels ont notamment permis de financer 111 opérations à travers la région s’inscrivant dans les champs de la transition écologique, de la résilience sanitaire ou de la rénovation du patrimoine.

Ce soutien sans précédent à l’investissement local se poursuit en 2021 avec l’ouverture, par la loi de finances initiale pour 2021, d’une enveloppe de 950 M€ destinés à financer les projets de rénovation énergétique des bâtiments des collectivités du bloc communal et des départements. En Île-de-France, cette dotation se traduit très concrètement par une enveloppe de 88,5 M€ en faveur des communes et de leurs groupements et une enveloppe de 20,9 M€ à destination des conseils départementaux, soit une enveloppe régionale de plus de 109 M€. Ces crédits ont vocation à financer des travaux visant à diminuer la consommation énergétique des bâtiments de ces collectivités.

Enfin, la loi de finances pour 2021 a ouvert une enveloppe de 600 M€ de dotation destinée à soutenir directement les projets d’investissement portés par les conseils régionaux. Première au plan national par le poids de sa population, la région Île-de-France va ainsi bénéficier d’une dotation d’investissement de 109 M€ pour des opérations liées en priorité à la rénovation thermique des bâtiments publics et aux mobilités du quotidien.

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