Avocats : les « braillards » se révoltent sur les réseaux sociaux

Publié le 30/09/2021 - mis à jour le 01/10/2021 à 20H49

Les avocats actuellement n’ont pas la cote. Depuis leur ministre qui les traite de braillards jusqu’au secrétaire d’Etat à l’enfance qui les accuse de semer la zizanie dans les familles, on les affuble de toutes les tares. Au risque d’oublier que sans eux, la machine judiciaire s’effondre. 

Avocats : les "braillards" se révoltent sur les réseaux sociaux
Un avocat parisien arbore le rabat rouge en signe de protestation lors des manifestations de janvier 2020 contre la réforme des retraites (Photo : ©P. Cluzeau)

 

« Bats ton avocat tous les matins, si tu ne sais pas pourquoi lui il le sait ». Telle semble être la nouvelle devise du gouvernement.

Sur les réseaux sociaux, la colère monte.

Il faut dire que la liste des motifs qu’ont les avocats de se plaindre s’allonge dangereusement ces temps-ci :

*assignation avec prise de date transformant la procédure civile en « escape game »,

*synthèse des conclusions, qui contraint un peu plus le format des écritures avec des enjeux de responsabilité à la clef,

*réformes multiples impossibles à assimiler dans le temps imparti,

*secret professionnel attaqué,

*projet de confier la discipline de la profession à des magistrats,

*tensions croissantes avec les magistrats attisées par le gouvernement,

…..Autant de contrariétés et d’humiliations que Me Georges Teboul a résumées en une formule dans nos colonnes : « Sale temps pour les avocats ».

A cela s’ajoutent depuis quelques jours une série de petites phrases qui passent très mal.

Le 24 septembre, la profession découvre au détour d’un article de Capital sur le recouvrement des pensions alimentaires qu’elle ferait son beurre sur les difficultés rencontrées par les justiciables à obtenir le versement régulier de ces pensions.

Le magazine économique rapporte en effet les confidences des collaborateurs du ministre de la santé Olivier Véran : “Actuellement, c’est très difficile d’avoir la bonne information sur ce service. Les avocats dans les jugements n’ont pas intérêt à trop parler de ce dispositif car cela leur fait du business en moins en cas de contentieux”, explique le cabinet du ministre ».

La profession apprécie assez peu.

Le 29 septembre, ils découvrent que leur ministre et ancien confrère Eric Dupond-Moretti affuble de l’aimable qualificatif de « braillards » ceux qui s’opposent la réforme des cours d’assises.

Le pénaliste Frank Berton réagit vertement.

Toujours le 29 septembre, les avocats sont accusés de semer la zizanie dans les familles par Adrien Taquet, secrétaire d’Etat en charge de l’enfance et des familles.

C’est beaucoup pour une profession qui porte le système judiciaire à bout de bras et travaille par ailleurs le plus souvent à perte au titre de l’aide juridictionnelle pour que les plus démunis aient accès eux aussi à la justice.

Il n’en faudrait pas beaucoup pour que la colère qui gronde depuis la réforme des retraites explose à nouveau.

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