Procès des attentats du 13 novembre : parution du journal de bord illustré des parties civiles

Publié le 09/09/2022 - mis à jour le 09/09/2022 à 19H34

Le procès des attentats du 13 novembre qui s’est déroulé de septembre 2021 à juin 2022 constitue un moment judiciaire totalement exceptionnel. Un livre qui vient de paraître raconte au jour le jour le déroulement des débats observés  depuis les bancs des parties civiles. Une réussite. 

Procès des attentats du 13 novembre : parution du journal de bord illustré des parties civiles

 

Elles s’appellent Juliette Reinhart et Constance Peillon. Pendant 10 mois, les deux jeunes femmes ont assisté tous les jours au procès des attentats du 13 novembre. Juliette Reinhart travaille dans la communication. Elle est la cousine de Me Valentin Ribet, assassiné au Bataclan. Son père, Me Jean Reinhart a défendu plusieurs parties civiles dont l’association 13Onze15. Constance Peillon est architecte et dessinatrice.

Procès des attentats du 13 novembre : parution du journal de bord illustré des parties civiles

Elles publient aux éditions du Génépi « 13Ensemble – Lettres du Procès des attentats du 13 novembre ». C’est le recueil des chroniques illustrées qu’elles ont rédigées chaque matin à l’attention des victimes qui ne pouvaient pas mettre leur vie entre parenthèses pour assister au procès. Sur les 2500 parties civiles, seules 500 d’entre elles sont venues en effet dans la salle. Il fallait offrir aux autres un récit différent de celui des journalistes, une sorte de confidence intime, plus libre de ton qu’un article de presse, pour faire comme si elles avaient été là, sur les bancs des victimes. Ensemble.

Tout y est, l’émotion, la colère, les larmes, et même les sourires, parce qu’on peut aussi rire dans un prétoire, comme dans la vie. Par exemple, lorsque le premier jour, le président demande à Salah Abdeslam sa profession « combattant de l’état islamiste » et qu’imperturbable, le nez dans son dossier, le magistrat rétorque « ah, j’avais intérimaire ».

On frissonne en lisant ce que l’on sait mais que l’on avait oublié, l’histoire de ces habitués du café La Belle Équipe qui ont vu mourir tant de leurs copains ce soir-là qu’ils n’ont même pas pu assister à tous les enterrements… On pleure à l’évocation du démineur au Bataclan couché sur le terroriste mort et sa ceinture d’explosifs pour protéger la fuite des otages survivants…au cas où ça exploserait.

Procès des attentats du 13 novembre : parution du journal de bord illustré des parties civiles

Pour tous ceux qui ont assisté à ce procès exceptionnel, il y a eu un avant et un après. On ne ressort pas indemne d’une telle aventure humaine. On veut surtout en conserver la trace, tant il y eut de moments précieux et rares. Aux autres, 13Ensemble offre une voie privilégiée pour accéder à cet outre-monde, cet enfer de Dante contemporain, où l’on croise, comme chez le poète italien du Moyen-Âge, des monstres et des saints.

En tournant les pages, le lecteur accède à l’immense mystère de ce procès. Certes, on y côtoie l’insoutenable, au-delà de ce que l’imagination peut concevoir. Mais on y découvre aussi, contre toute attente,  à travers les récits des survivants, des sauveteurs, des familles de victimes, ce que l’homme a de meilleur : l’amour des autres, le courage, le dévouement jusqu’au sacrifice et puis l’envie de vivre envers et contre tout, parce que c’est au fond la seule façon de triompher des semeurs de mort…

Le procès du 13 novembre est tout à la fois un morceau d’histoire judiciaire et une plongée aussi passionnante qu’indispensable dans les ombres et les lumières du coeur humain.

 

Nous publions ci-dessous un extrait du livre.

Extrait de 13Ensemble

 

13Ensemble – Lettres du Procès des attentats du 13 novembre 2015,  par Juliette Reinhart et Constance Peillon – Les Éditions du Génépi, 441 pages, 24 euros. Renseignement et commandes sur le site dédié au livre 13ensemble et en librairie à compter du jeudi 15 septembre. Les bénéfices seront reversés à quatre associations : Association Marie&Mathias qui distribue des bourses à de jeunes talents, le Kiosque à Baptiste qui contribue à la restauration de lieux en rapport avec les arts, la Fondation Valentin Ribet qui promeut la lecture dans les prisons, la Bourse Jiyuu – Hugo Sarrade qui permet chaque année à des jeunes étudiants de partir étudier au Japon. « Jiyuu » signifie Liberté en japonais.

Retrouvez nos chroniques du procès ici

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