« Les femmes de plus de 45 ans représentent une grosse population de demandeurs d’emploi »

Publié le 07/11/2019 - mis à jour le 07/11/2019 à 16H32

L’association Force Femmes a organisé les Rencontres des entrepreneuses en action à la Bourse du Travail, du 4 au 6 novembre dernier. L’événement s’adressait à toutes les femmes ayant un projet de création, qu’elles en soient à la phase de réflexion, au montage du projet ou au lancement de leur activité. Entretien avec Agathe Savioz, responsable entreprenariat en Île-de-France chez Force Femme.

Les Rencontres des entrepreneuses en action ©Raphaëlle Sochon

 

Pour leur 5ème édition, les Rencontres des entrepreneuses en action se sont déroulées sur trois jours à Paris, du 4 au 6 novembre 2019. Quel que soit leur âge, les femmes s’intéressant à l’entreprenariat pouvaient s’y inscrire gratuitement. « Il est essentiel de bien poser les choses au départ et de vous faire accompagner dans votre projet », insiste Françoise Gandillet, conseillère formatrice chez BGE Parif, lors de la première journée. L’événement proposait plusieurs ateliers et rencontres afin de donner aux participantes des outils et des conseils pour mener à bien leur projet de création. « Environ 700 personnes sont venues », précise Agathe Savioz, responsable entreprenariat en Île-de-France chez Force Femme.

L’association Force Femmes était à l’initiative de ces journées. L’association existe depuis 15 ans bientôt et se trouve dans 15 villes en France. Elle fonctionne sur le principe de la gratuité et s’appuie sur des bénévoles pour accompagner dans leur projet professionnel les femmes âgées de plus de 45 ans et sans emploi. « La démarche initiale est de lutter contre une double discrimination à l’embauche sur le genre et sur l’âge », explique Agathe Savioz. Les bénévoles sont des experts qualifiés dans différents domaines qui vont intervenir pour la confiance en soi, la communication, la gestion, le financement, l’entrepreneuriat, etc. Agathe Savioz revient pour nous sur les enjeux de l’association en Île-de-France.

 

Agathe Savioz – Force Femmes ©Raphaëlle Sochon

Actu-juridique : Quels sont les caractéristiques des personnes suivies par l’association ?

Agathe Savioz : Nous accompagnons les femmes de plus de 45 ans, sans emploi. Dans toute la France, cette catégorie représente 800 000 femmes, nous en accompagnons 2 000 par an, dont la moitié en Île-de-France. Il y a tous les profils mais elles sont nombreuses à avoir subi un licenciement. Environ une sur deux a des enfants à charge donc avec des contraintes personnelles très fortes. L’âge moyen est de 52 ans avec un niveau de qualification moyen à bac +5. La répartition de nos accompagnements, c’est 2/3 vers le salariat et 1/3 vers la création.

A-J : Combien de temps dure un accompagnement ?

A.S : Une spécificité de notre accompagnement est qu’il n’est pas prédéfini dans le temps. Nous nous adaptons à chacune parce que nos administratrices partent du principe que trois mois pour l’une, ce n’est pas trois mois pour l’autre. En moyenne, l’accompagnement de retour à l’emploi salarié se fait sur 9 à 10 mois et celui pour la création de son activité sur 15 à 18 mois.

A-J : Quelles sont les principales difficultés que ces femmes peuvent rencontrer ?

A.S : D’abord, il y a le critère de mobilité, tout notre accompagnement se fait dans nos locaux donc c’est parfois compliqué pour certaines de se déplacer. C’est pourquoi, nous avons ouvert une seconde antenne en septembre dernier, dans le Val-de-Marne, pour atteindre les femmes du sud de la région. Ensuite, il y a le critère d’acceptation de se faire accompagner et de se retrouver dans cette démarche. Notre enjeu est qu’elles arrivent le plus tôt possible après leur inscription à Pôle emploi afin d’avoir assez de marge de manœuvre pour construire un projet viable. Enfin, il y a les contraintes personnelles comme être seule avec un enfant à charge ou un parent, l’objectif est de replacer le projet professionnel au centre de leur démarche. L’idée est de les intégrer à un réseau, de se rencontrer afin qu’elles ne restent pas seules car l’isolement est un vrai facteur aggravant.

A-J : Qu’avez-vous mis en place en Île-de-France ?

A.S : Nous avons deux antennes, la première, dans le 17ème arrondissement de Paris et l’autre au Kremlin-Bicêtre, dans le Val-de-Marne. Nous participons à plusieurs salons liés à l’entreprenariat, notamment le salon des entrepreneurs qui se tient en février et le salon SME en octobre. Nous intervenons également dans les agences Pôle emploi lorsqu’ils organisent leur forum création. Notre équipe est souvent sollicitée dans leurs antennes franciliennes où l’offre d’accompagnement est très riche mais où nous sommes la seule à nous positionner sur les femmes de plus de 45 ans alors qu’elles représentent une grosse population pour les demandeurs d’emploi. Nous avons également plusieurs partenariats opérationnels avec d’autres acteurs pour l’emploi, comme Initiative France qui finance des projets d’entrepreneurs.

A-J : Avez-vous d’autres projets à venir ?

A.S : Nous avons déjà 70 inscrites sur la deuxième antenne de l’association, nous sommes donc activement à la recherche de bénévoles pour les accompagner. Sinon, nous avons lancé une nouvelle plate-forme d’e-learning gratuite d’accompagnement pour l’emploi salarié en septembre, Vers l’emploi. Nous avions déjà Ma boîte qui existe depuis un an et demi, avec plus de 4 000 inscrits pour les entrepreneuses. Ces deux plates-formes regroupent des modules vidéo faits par nos experts avec des fiches récapitulatives et des formulaires qui permettent, étape par étape, de construire son projet professionnel. Cela nous permet de transmettre cette expertise au-delà des sites d’accueil, pour les femmes qui ont des difficultés de mobilité, et donc d’aider plus de personnes encore.

 

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